Faismesdevoirs.com : pour que vos enfants travaillent moins

Clément Solym - 05.03.2009

Edition - Société - fais - mes - devoirs


Faismesdevoirs.com se propose, comme son nom le laisse aisément deviner, de faire vois devoirs à votre place…moyennant quelques euros. Les tarifs affichés vont de 5 à 30 € selon le type de devoirs que vous souhaitez sous-traiter… L’ouverture officielle du site se fait aujourd’hui alors que jusqu’alors, on ne pouvait que se préinscrire.

Scanne tes devoirs, donne-moi des € : je les fais à ta place !

Sur ce site, les élèves, de la sixième à la terminale, pourront scanner leurs devoirs dans sept matières différentes. Et pour les faire, de l’autre côté de la chaîne, ce sont des enseignants ou des étudiants qui rendront leur copie au bout de 24 ou 72 heures. Pour un simple exercice, il vous en coûtera tout de même 5 €. Différents modes de paiement sont disponibles sur le site.



La polémique bat déjà son plein autour de la marchandisation des devoirs :

Alors que ce nouveau site ouvre à peine, déjà les réactions se font très nombreuses pour dénoncer un mercantilisme déplacé. Faire le travail à la place de quelqu’un n’a jamais aidé ce dernier à progresser…

En tête de ce mouvement de contestation, on retrouve le ministre de l’Education nationale. Pour Xavier Darcos, « le meilleur endroit pour être éduqué et pour avoir des copies corrigées, c'est l'école de la République, je n'encourage nullement des dispositifs payants qui permettent de rendre ces services-là ».

Les associations de parents d’élèves regrettent que les auteurs du site n’aient aucune conscience pédagogique dans leur projet. Simplement une fin : rentabiliser le recopiage…

Un inventeur confiant dans la réussite de son projet :

Stéphane Boukris, sorti tout droit de l’Essec, est le fondateur de faismesdevoirs.com. Il se défend de proposer un service antipédagogique. Selon lui, il offre avant tout une plateforme de conseil. Fier d’être l’inventeur d’un nouveau concept et confiant dans son succès, il se voit déjà partir à l’attaque de l’Oncle Sam ! Reste qu’en France les nouvelles initiatives qui viennent s’attaquer à la toute puissance de l’école publique se retrouvent souvent vite sur le carreau. Il en fut ainsi de Note2be.

Du côté des syndicats, on dénonce une entreprise « lamentable » « qui participe à l'idée de la marchandisation de l'éducation », selon les mots de la secrétaire générale du Snes-FSU, Frédérique Rolet.