Fake news : sur WhatsApp, un faux don de livres piège en masse le Brésil

Nicolas Gary - 08.08.2019

Edition - International - fake news Brésil - don livres canular - infox livres gratuits


À l’époque des fake news, ou infox, tout devient possible. Surtout quand les réseaux de communication sont largement mis à contribution pour en amplifier la circulation. Tout a commencé ce 7 août au matin, quand un message partagé sur l’application WhatsApp a proposé un don de livre faramineux. Sauf qu’il n’y avait aucun livre…

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NTU, CC BY SA 2.0 (Larry King)
 

Très sérieux, le message diffusé expliquait que des livres pédagogiques, techniques, mais également des œuvres classiques ou encore des bandes dessinées et des livres pour enfants allaient être distribués. Pour venir les chercher, il fallait se rendre dans le district sud de Brasilia, la capitale, où se trouve le local de stockage d'Ibama, l’agence de régulation environnementale Ibama. 
 

Des centaines de livres à récupérer gratos ? FONCE !


Évidemment, il fallait faire vite, puisque les livres qui ne trouveraient pas preneurs seraient incinérés. Une forme de pilonnage radical, façon Fahrenheit 451… Une distribution gratuite, contre un bref déplacement, pourquoi pas ? 

Rapidement, on s’interroge : l’opération prendra fin le 7 août, avec un message envoyé le… mercredi 7 août. Premier bug. Ana Luiza Pupe, coordinatrice générale de l’Institut brésilien de l’environnement et des ressources naturelles renouvelables, explique que son organisation a rapidement été alertée. « Quand nous avons pris connaissance du message, nous avons essayé d’endiguer la crise : nous avons pensé que rapidement, des personnes viendraient. »

Pas simplement des gens, mais une foule : « Nous ne pensions tout simplement pas que tant de gens se déplaceraient », avoue-t-elle. Des familles ont même fait le déplacement depuis Gama, situé à une quarantaine de kilomètres de Brasilia… Et certains ont même pris le bus pour se déplacer.
 

Comment ça, “y'a pas de livres gratuits” ?


Évidemment, une fois sur place, les populations découvrant qu’elles avaient été abusées ont manifesté leur colère. Maria Iudete Sales, la directrice d’une crèche, située à Samambaia Sul, explique être venue chercher des livres pour les enfants, en profitant « d’une occasion unique. Je ne sais juste pas quoi faire maintenant ».

Elle poursuite : « J’ai reçu ce message de ma sœur, sur WhatsApp, qui est également enseignante. Et toutes les personnes que j’ai sollicitées m’ont dit que c’était vrai. » Sans qu’aucune n’ait vérifié l’information…


la photo qui accompagnait le message

 

Le piège de l'infox, en flagrant délit


Plus encore, ce qui ressemble à un mauvais canular met en exergue le besoin en ressources, autant que la nécessité d’une pédagogie sur la communication. « Aucune information en provenance d’Ibama ni du ministère de l’Agriculture n’existait. Cela vient de WhatsApp, et n’a rien d’officiel », poursuit-elle. Aux usagers de garder à l’esprit qu’une pareille opération aurait fait l’objet d’un message publiquement diffusé. 

L’occasion idéale, et finalement pas bien méchante — sauf pour ceux qui s’y sont laissé prendre — de rappeler que les infox se propagent à travers des réseaux sociaux, comme une traînée de poudre. Avec le même impact. Certains expliquent pourtant qu’ils avaient flairé le coup douteux, mais ne parvenant pas à joindre Ibama, sont malgré tout venus, dans le doute.  

En somme, si vous recevez un message annonçant que les éditions Gallimard offrent leur surplus de l'année 2019, ne vous précipitez pas.


via Correio braziliense


Commentaires
C'est dommage que les internautes se fassent toujours prendre par les fake news
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