Fausse alerte : les librairies américaines ne boycottent pas Amazon

Clément Solym - 10.02.2012

Edition - International - boycott - librairies - livres


Y aurait-il eu comme un couac dans la communication entre l'Association des librairies indépendantes américaines et le journal professionnel Publishers Weekly ? Alors que ce dernier rapportait hier que les boutiques avaient décidé de boycotter Amazon, c'est un autre son de cloche que l'on perçoit ce matin...

 

L'idée était donc de retirer, ou plutôt de ne pas afficher, les livres qu'Amazon s'apprête à publier en version papier, et de censurer du programme IndieCommerce les textes, mettant également leurs conditions générales de vente à jour. Ainsi, « seuls les titres des éditeurs qui sont mis à la disposition des détaillants pour une commercialisation dans tous les formats disponibles seront inclus dans la base de données de l'inventaire IndieCommerce ». 

 

Difficile de faire plus clair : les ebooks d'Amazon sont en format propriétaire, et seul le cybermarchand peut les vendre. Donc, à dégager. 

 

Une frappe chirurgicale, mais symbolique, dont on pouvait se demander ce à quoi elle allait bien pouvoir servir. En faisant obstacle à la vente de livres signés de l'éditeur Amazon, c'est avant tout une perte financière, évidemment, mais surtout un risque pour les librairies.

 

 

 

En fait, la situation est différente de ce que l'on avait cru comprendre et l'article de Publishers Weekly a été ostensiblement modifié. Mais sans aucune explication de la part du journal. 

 

Matt Supko, directeur d'IndiCommerce, s'est cependant expliqué sur la situation. Assurant qu'en aucun cas, son groupe n'avait envisagé de boycotter Amazon, ni les produits d'autres éditeurs, il revient sur ce quiproquo. « En effet, la déclaration d'IndieCommerce explique à ses abonnés libraires comment rajouter n'importe quel titre qui aurait été supprimé et qu'ils voudraient vendre à partir de leur boutique en ligne. » 

 

Et bien que l'ABAZ soit propriétaire de IndieCommerce, le changement de politique commerciale, il ne concerne que les clients qui passent par son service de livraison - et sûrement pas l'ensemble des membres de l'ALA. En fait, il faudrait comprendre que l'on parle plutôt de modalités de boycotte suggérées, plutôt que d'un boycott mis en place consciemment - et surtout de manière assumée. 

 

Cependant, hier, Supko soulignait : « Même si Amazon cherche à distribuer son catalogue de livres imprimés par des moyens conventionnels, il semble qu'ils soient dans le même temps en recherche d'une stratégie d'exclusivité pour les livres numériques, empêchant d'autres détaillants de vendre leur format. IndieCommerce considère que ce comportement est mauvais. » (voir notre actualitté)

 

De fait, donc pas de boycott authentique... juste une petite claque derrière la tête pour apprendre Amazon à vivre...