Faut-il grimper aux arbres quand on veut travailler pour Amazon ?

Clément Solym - 02.09.2020

Edition - Economie - smartphone arbres Amazon - Amazon flex chauffeur - livraison chauffeurs Amazon


Spoiler : oui. Enfin, presque. Mais pas pour cueillir un CDI. À la manière d’un Uber, Amazon a révolutionné le droit social et dans le même temps, pris activement part à l’ubérisation du travail. Autant il existe des chauffeurs Uber mal payés, mais confortablement installés, autant il existe des chauffeurs Amazon, prêts à grimper aux arbres, pour gagner plus de courses. Invraisemblable.


 

En tant que plus grand revendeur au monde, et société web, Amazon a besoin de solutions pour livrer dans les meilleurs délais les commandes des clients. Depuis 1995, si l’enrichissement de son offre a constitué un enjeu majeur, celui des solutions de livraisons est aujourd’hui un poste de dépense monstrueux de la société. 
 

Livrer, vite, toujours plus vite


Entre autres solutions, la flotte d’avions du marchand, le retour des drones livreurs, de même que des partenariats démultipliés… Rappelons que pour 2018, l’entreprise a investi 800 millions $ pour développer des solutions optimisant et réduisant le temps entre la commande et l’arrivée.

À ce titre, la livraison pour plus de 10 millions d’articles est aujourd’hui opérationnelle aux États-Unis — dès lors que l’on est client Prime — en moins de 24 heures.

Revenons donc aux chauffeurs : via son système Amazon Flex, la société fait utiliser le véhicule personnel de ses sbires pour effectuer les livraisons. Le système d’expédition de la firme va détecter les chauffeurs les plus proches d’un lieu de ramassage et envoyer une alerte par SMS pour indiquer le lieu où le colis doit être déplacé. La crise sanitaire ayant entraîné la perte de 33 millions d’emplois dans ses deux premiers mois, on imagine que la concurrence est rude. 
 
Sur l’ensemble de la période pandémique, le pays a enregistré plus de 40 millions d’inscriptions à l’assurance-chômage. Et pour survivre, Amazon Flex se présente comme un palliatif appréciable : le sentiment d’être son propre patron, tout en travaillant suivant ses propres critères. Erreur. Les chauffeurs ont intérêt à répondre le plus rapidement possible, pour prendre l’avantage sur les autres chauffeurs des environs.
 

Onde, es-tu là ?


Mais alors, pourquoi chercher des solutions dans les arbres quand la livraison s’effectue en voiture ? Selon l’agence Bloomberg, des téléphones placés sur des branches, à l’extérieur de points de livraison Whole Foods (chaine d’épicerie, propriété d’Amazon), ont été aperçus dans la banlieue de Chicago. Et non point en vertu de ce que les clients pousseraient dans les arbres — pas plus que les billets de 100 $.

De fait, les conducteurs qui prennent part au programme Flex vont synchroniser leur propre mobile avec les téléphones placés en hauteur, et par ces derniers, récupérer plus efficacement des missions d’Amazon. Le chauffeur peut bien se trouver à quelques pâtés de maison, il aura dans tous les cas la notification sur son mobile, et acceptera la livraison avant ses concurrents… 



Une méthode de contournement des règles imposées par la firme qui ne cesse d’imposer des conditions spécifiques à ses chauffeurs — sans contrat. Ce système de ramification va faire l’objet d’une enquête, a garanti le service juridique de Jeff Bezos, selon un email consulté par Bloomberg. Mais les conclusions resteront dans les archives…



illustration Uschi_Du  CC 


Commentaires
Franchement, le parti pris d'Actualitté anti-Amazon confine doucement au ridicule.

Qu'Amazon soit critiquable, certes. On aimerait d'ailleurs le même regard acerbe envers l'édition en France, en particuliers ceux qui se prétendent des Parangons de vertu.

Mais dénoncer Amazon qui optimise son réseau de distribution « en utilisant les propres véhicules des employés ». Vous croyez qu'ils servent à quoi les 800 millions de dollars investis ? Où sont les millions (sic) investis par les éditeurs français pour améliorer la livraison de leur produit ?

Bref, du « bashing » pur...

Critiquez, mais critiquez avec des arguments valables. Développez par exemple pourquoi les livreurs Amazon n'ont pas de contrats... aux États-Unis. Vous verrez peut-être alors que le droit américain est ainsi et que tous les livreurs ont ce statut, pas que ceux d'Amazon. Il va vous falloir critiquer le droit américain dans ce cas !

Et quelque part, on s'en fout : on vit en France et on préférerait une critique du droit français qui impacte directement nos emplois.
amazon est un délinquant, c'est la loi française qui le dit, donc faudrait plutôt se remettre en question avant émettre ce genre de jugements pathétiques de par son hypocrisie qui prétend lui donner un statut de normalité...
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