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Fées et pestes : quand Conan Doyle cède au canular

Antoine Oury - 23.01.2013

Edition - International - Arthur Conan Doyle - fées de Cottingley - photographie


Le créateur de Sherlock Holmes profite par transfert de son aura de détective retors et perspicace, mais cela ne l'a pas empêché de se laisser flouer... par 2 petites filles ! Attiré par les univers fantastiques et ésotériques, l'auteur tombe de haut lorsqu'il prend connaissance d'une photographie prise près de Cottingley, petit village du Yorkshire, et représentant des fées... Une histoire racontée par Open Culture.

 

 

La série Cottingley Fairies, par Elsie Wright et Frances Griffiths
 
 

Début 1920, Conan Doyle s'intéresse à tout ce qui relève du spiritualisme ou des manifestations surnaturelles depuis plusieurs années : quand son amie Felicia Scatcherd lui fait part dans une lettre de l'existence de photographies de fées prises dans le Yorkshire, son sang ne fait qu'un tour, ultra-rapide. Menant l'enquête, Conan Doyle découvre les photographies, dont les auteurs s'avèrent être deux jeunes filles, Elsie Wright and sa cousine, Frances Griffiths.

 

L'écrivain rencontre les petites filles, les équipes avec un appareil photo chacune, et roulez jeunesse, sans oublier de rapporter de nouvelles photos à Monsieur Conan Doyle. Ce que les deux gamines ne peuvent s'empêcher de faire, fournissant trois nouveaux clichés : l'écrivain n'en revient pas, d'autant plus que le cinquième et dernier cliché de la série lui paraît solide comme du béton armé.

 

« Il est spécialement remarquable dans le fait qu'il montre un détail inconnu aux deux jeunes filles. Elles n'ont pas remarqué l'enveloppe ou le cocon que l'on voit au milieu de l'herbe, et n'ont aucune idée de ce qu'il s'agit. Les spécialistes des fées (!) d'Écosse, toutefois, l'ont reconnue et identifiée comme un bain magnétique, souvent utilisé par les fées, et abandonnée après un jour gris, l'automne notamment. L'intérieur semble magnétisé, et produit une sensation de chaleur et de confort » écrit l'auteur dans une lettre à son ami Edward Gardner.

 

En 1980, seulement, les deux compères acceptèrent de révéler la supercherie : les fées étaient sorties d'un livre pour enfants, Princess Mary's Gift Book...