Femmes, femmes, femmes : la rentrée romanesque Robert Laffont

Béatrice Courau - 07.08.2017

Edition - Les maisons - rentrée littéraire romans - femmes romans rentrée - rentrée littéraire 2017


C’est dans les salons de l’Hôtel de Massa que nous accueillaient les éditions Robert Laffont et Julliard, pour une matinée qui s’annonçait riche de rencontres et de textes à paraître pour la rentrée.


ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

Cécile Boyer Runge nous annonçait ainsi « une rentrée de femmes puissantes », auteures ou héroïnes, riche de 9 textes, 6 français et 3 étrangers, avec comme lignes de force le féminin, l’expérience de la vie intérieure et de l’intime, signés de neuf auteurs « maison », preuve tangible d’un véritable travail en commun entre auteurs et éditeurs, et d’un attachement réciproque. 

 

La salle bruissait (l’info avait circulé…), frémissait d’impatience, IL était là, oui, oui, absolument. Accompagnée de Maggie Doyle, Ken Follett, absolument élégant, délicieusement gentleman, francophile (et se prêtant au jeu des questions-réponses en français…), nous présente donc Une colonne de feu, nouvelle œuvre magistrale qui s’inscrit dans la fabuleuse épopée de Kingsbridge, à la suite des Pilliers de la terre et d’Un monde sans fin.

Sous les ombres menaçantes, et menacées, des trois femmes de XVIe siècle européen, Elizabeth 1ère d’Angleterre, Catherine de Médicis et Marguerite de Parme, l’on suivra le destin de Ned, fils de Kingsbridge, qui sera le premier James Bond des premiers services secrets de Sa Majesté. Ses pas le conduiront en France, où il rencontrera, la nuit de la Saint Barthélémy, l’héroïne française du roman, fille de libraires, et qui diffuse sous le manteau des textes subversifs, telle la Bible en français… Saurait-on décrire l’impatience des lecteurs, et des libraires présents ?... 


  


 

Autre figure mythique du catalogue Laffont, Margaret Atwood, son absolue et parfois saisissante modernité, le retentissement de ses œuvres dans l’actualité. Consilience, ville utopique, accueille Stan et Charmaine, couple falot vivotant d’expédients, pour leur offrir un nouvel eldorado ; logement, emploi, vie communautaire, un mois sur deux. Le mois suivant ? La prison, également logés et nourris.

Jusqu’au jour où, dans cette parfaite et inexorable mécanique va se glisser le fatal grain de sable : Stan découvre sous le frigo un post-it laissé par les occupants à mi-temps de leur domicile, avec ces mots fous : « Je suis affamé de toi ». Mêlant adultère, amour, expérience sociétale inquiétante, à mi-chemin entre comédie romantique et thriller, théâtre des pulsions et d’irrésistibles désirs, Atwood signe avec C’est le cœur qui lâche en dernier une nouvelle fable glaçante et indispensable.

 

Benjamin Wood, nouveau venu dans la collection « Pavillons », met en scène dans l’Ecliptique la fascinante Knell, peintre écossaise retirée depuis des années sur une île turque, et le jeune Fullerton, dont la fragilité puis la mort entraînera l’artiste à se pencher sur son propre passé. Véritable puzzle à recomposer, roman étrange et profond, il cherche à percer le fondamental mystère de la création et de l’inspiration.


  

 

Le sacrifice des dames, de Jean Michel Delacomptée, nous amène en Hongrie, au XVIe siècle. Judit partage avec son père le don des échecs, et lui reproche son attentisme vis-à-vis des Ottomans qui menacent. Ambition de le détrôner et soif du pouvoir sont communes à fille et mère. Ambitieuse, déterminée, inflexible, sous le signe de la philosophie politique de Machiavel, le long d’une très particulière partie d’échecs, cette héroïne de 16 ans – âge de la pureté, de l’idéal, et de la dureté – incarne avec une détermination baroque et flamboyante le dépassement de la question personnelle au profit du collectif.

 

À un an d’intervalle, trois sœurs perdent leur mère puis leur père. David Bowie, mort entre-temps, sera leur madeleine de Proust, l’occasion pour elles de faire resurgir et d’appréhender, au-delà de l’ombre portée de l’arbre généalogique, chagrin et humour, passé et présent, une sororité indispensable et source de vie. Désarmant et singulièrement touchant, David Bowie n’est pas mort, de Sonia David, se veut le récit du plaisir, renouvelé, d’être sœurs au moment du deuil des parents. « Être sœurs, encore et encore. »

 

  

 

Vous en avez peut-être suivi les étapes sur Instagram : Une apparition, c’est l’histoire de la « découverte » de ses cheveux blancs, de leur apprivoisement, et de leurs formidables pouvoirs. Au-delà des préjugés sur le temps qui passe, conjugué au singulier féminin, ce blanc majuscule est pour l’auteur l’expérience de l’irruption du nouveau au milieu de la vie. Sophie Fontanel. Auréolée d’une léonine crinière blanche. Radieuse, délicieuse, irrésistible. 


Quel est le lien qui unit un(e) patient(e) à son psychanalyse ? Cet autre amour envahit tous les espaces intérieurs, dévaste les certitudes, hors des sens communs, il est ce transfert âpre, parfois radieux, mais qui scelle dans la vie de l’auteur, Dominique Dyens, une renaissance à soi-même et à l’écriture. 


  


 

À la façon d’un Cyrano moderne, Irène, vie morne et rangée, professeur de lettres, va se lancer dans une correspondance amoureuse pour le compte d’une collègue… Jusqu’à l’irruption du réel. Alternant les formes de narration, d’une écriture extrêmement élégante et ciselée, Tu seras ma beauté, premier roman de Gwenaëlle Robert, est l’histoire d’une femme qui apprend à s’aimer, au travers des yeux d’un homme qui en aime une autre…

 

Pourquoi je n’ai pas écrit de film sur Sitting Bull, de Claire Barré est le récit de l’aventure aussi déroutante que féconde vécue par l’auteur. Suite à d’étranges manifestations et visions, elle témoigne de son voyage en terre sioux à la rencontre du chamanisme. Courageux, passionnant et saisissant.

 

 

(à par. 14/09) Ken FollettUne colonne de feuRobert Laffont — 9782221157699 – 24.50 €

(à par. 17/08) Margaret AtwoodC’est le cœur qui lâche en dernier – Trad. Michèle Albaret-Maatsch – Robert Laffont — 9782221192095 – 22 €

(à par. 17/08) Benjamin WoodL’Ecliptique – Trad. Renaud Morin – Robert Laffont – 9782221192109 – 22 €

(à par. 24/08) Sonia David – David Bowie n’est pas mort – Robert Laffont — 9782221200284 – 17 €

(à par. 17/08) Jean-Michel Delacomptée – Le sacrifice des dames – Robert Laffont – 9782221199006 – 18 €

(à par. 17/08) Sophie FontanelUne apparition – Robert Laffont – 9782221196341 — 19 €

(à par. 24/08) Dominique Dyens – Cet autre amour – Robert Laffont — 9782221202775 — 18 €

(à par. 24/08) Gwenaëlle Robert – Tu seras ma beauté – Robert Laffont — 9782221202775 – 18 €

(à par 17/08) Claire Barré – Pourquoi je n’ai pas écrit de film sur Sitting Bull – Robert Laffont — 9782221202171 – 18 €


Le catalogue des nouveautés éditeurs de la rentrée littéraire 2017


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