Fermer les bibliothèques et renvoyer vers l'offre Kindle Unlimited

Julien Helmlinger - 22.07.2014

Edition - International - Kindle Unlimited - Bibliothèques - Lecture contre souscription


L'arrivée du service de lectures illimitées contre souscription d'Amazon, baptisé Kindle Unlimited, se fait entre accueil chaleureux et levée de boucliers. Si les défenseurs du concept d'abonnement présentent parfois celui-ci comme une version moderne de nos vieilles bibliothèques, ces dernières en revanche, toujours en retard sur l'offre numérique, auraient de quoi s'inquiéter de ce nouveau concurrent. Riche, prochainement, d'un catalogue de 600.000 titres, accessible pour moins de 10 dollars mensuels, le trublion risquerait-il de se subtiliser aux services de prêt traditionnels ?

 

 

 

 

Certains observateurs expriment l'idée que le financement du service d'Amazon serait similaire à celui des bibliothèques. Outre le coût de l'infrastructure et du lancement de l'offre, ne resterait plus qu'à ajouter de petits reversements aux auteurs dont les livres sont empruntés. Tim Worstall, contributeur chez Forbes, pose la question de savoir si il serait profitable de fermer les bibliothèques physiques et renvoyer la communauté des lecteurs vers la nouvelle offre de lectures contre souscription.

 

Tim Worstall estime que la firme de Jeff Bezos accepterait probablement un abonnement tarifé au plus bas, dans la mesure ou le service se destinerait à couvrir l'ensemble de la population. Or, seule une petite frange de la population serait composée de grands lecteurs, ou d'acheteurs de livres. Les rétributions aux auteurs, peu importe le taux, ne représenteraient alors possiblement pas un important coût pour Amazon.

 

Selon Worstall, ce qui aurait conduit des institutions comme l'État à s'impliquer dans la prise en charge de la gestion de services de prêts de livres physiques, serait lié à ce format papier et aux limites d'approvisionnement qui en découlent. Avec le livre numérique, la donne s'en trouverait changée, et l'observateur suggère qu'une migration vers un service tel que Kindle Unlimited serait susceptible d'occasionner des économies de fonds publics. La crise des bibliothèques pourrait se régler en les fermant toutes ? 

 

Reste que Tim Worstall ne s'est pas questionné à propos des missions des bibliothèques qui dépassent le simple approvisionnement en titres disponibles à l'emprunt. Si une institution publique est prête à perdre de l'argent pour augmenter l'accessibilité à la lecture cela n'est pas dans les habitudes d'une entreprise comme Amazon. Celle-ci attend toujours ses retours sur investissement et ne s'en cache pas. Sans compter avec les problèmes de censure arbitraire dont on entend parler de temps à autre...