Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

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Fermeture de la librairie Alinéa, épisode 2 : tout n’est peut-être pas perdu

Laurène Bertelle - 16.05.2017

Edition - Librairies - librairie alinéa fermeture - librairie indépendante luxembourg - librairie en difficulté


La semaine dernière, la fermeture de la librairie Alinéa, au Luxembourg s'annonçait, le propriétaire n’arrivant plus à gérer financièrement la baisse de la fréquentation et la concurrence des géants comme Amazon. Depuis, la vague de soutien qu’il a reçue laisse présager l'espoir d'un dénouement heureux pour le libraire.


(page Facebook de la librairie)


 

Jeudi 11 mai, Edmond Donnersbach annonçait à la radio luxembourgeoise 100,7 la fermeture en août de sa librairie Alinéa, une des trois dernières librairies indépendantes du quartier Ville-Haute de Luxembourg. Propriétaire de cette librairie de 300 m2 depuis 22 ans, Edmond Donnersbach n’arrivait plus à faire face aux difficultés financières dues au prix du loyer, mais surtout à une clientèle en baisse, qui préfère aujourd’hui acheter ses livres en ligne, sur Amazon notamment.

La décision de fermer l’établissement ne s’était pas faite de gaité de cœur pour ce « libraire dans l’âme » qui laissait derrière lui 5 employés et un fonds de commerce sans repreneur.
 

Soutien des clients mais absence des ministres de la Culture

 

Toutefois, les différents articles publiés dans la presse sur la situation financière de la librairie ont touché de nombreuses personnes qui ont alors accouru au magasin : « La fréquentation de la journée de samedi a été digne d’un samedi d’avant Noël! » s’exclame le libraire au journal Paperjam ce mardi 16 mai. Les clients sont venus montrer leur soutien, et Edmond Donnersbach aurait même reçu plusieurs propositions de nouveaux projets, selon le journal luxembourgeois.
 

Ému de l’aide qu’il reçoit, le propriétaire considère cependant que cette aide devrait provenir du ministère de la Culture et de la Ville de Luxembourg. Il s’offusque notamment qu’aucun ministre de la Culture ne soit jamais venu à la librairie depuis plusieurs années, preuve selon lui d’un désintérêt, mais aussi d’une méconnaissance du rôle d’une librairie, trop souvent considérée uniquement comme un lieu de vente et non comme un lieu culturel. Un reproche qui est également une invitation à la discussion : « Je suis à ma boutique toute la semaine et disponible pour entamer un dialogue », affirme-t-il.

 

Contrairement à ce qu’il avait annoncé, Edmond Donnersbach ne devrait donc pas abandonner son métier de libraire de sitôt. Lego et jardinage, les deux activités auxquelles il pensait se consacrer à partir d’août, devront finalement attendre.