Fernand Buron, victime du Casse-toi pov' con... écrit un livre

Clément Solym - 15.02.2011

Edition - Les maisons - casse - sarkozy - salon


Le 23 février 2008, au Salon de l'agriculture, cet homme avait refusé de serrer la main à Nicolas Sarkozy, lui déclarant : « Touche-moi pas tu m'salis ». Réponse du président de la République: « Casse-toi pov'con ». La scène, filmée puis mise en ligne par Le Parisien avait rapidement fait le tour du Net. Depuis, tous les journalistes tentaient en vain de retrouver l'homme.

Dans la dépêche AFP d'hier, on apprend que « ce retraité très nature sort de son silence dans un petit livre » d’une soixantaine de pages. Sous le pseudonyme de Fernand Buron se cacherait un paysan de 75 ans, qui s’exprime dans un langage de paysan pour le moins cliché et se souvient de son altercation avec le Président. « C'est mon gars (son fils agronome au Canada, ndlr) qui m'a appelé du Québec »pour me dire que tout le monde parlait de moi sur internet, raconte Fernand. « Quand j'ai vu tout le bigntz, quand j'y repense », s'amuse-t-il.

Le livre sortirait aux éditions Après la lune, la maison de Jean-Jacques Reboux, militant de la dépénalisation du délit d'outrage, mis en garde à vue pour outrage au chef de l'Etat alors qu'il souhaitait un joyeux anniversaire à Nicolas Sarkozy en se faisant passer pour Fernand Buron le 28 janvier 2010. Il est également l’auteur de la préface du livre, et de Je suis partout, les derniers jours de Nicolas Sarkozy, œuvre de politique fiction.


Il est surtout l’heureux créateur du personnage de Fernand Buron, comme il le reconnaissait en janvier 2010 : « Ce Fernand Buron, je l'ai inventé de toutes pièces - et la supercherie a été dévoilée le matin même dans Le Parisien. [...] En novembre 2009, par jeu, je décide de donner vie à l'inconnu le plus célèbre de France. Je lui trouve une identité, Fernand Buron, lui ouvre un blog, une page Facebook ».

Jean-Jacques Reboux n’en est pas à son premier coup d’éclat. Chaque année il organise fin février, devant l’Elysée, un apéro « Casse toi pov’con » pour commémorer l’incident du Salon de l’Agriculture et poser la question du délit d’outrage. Chaque année également, il prétend avoir retrouvé le véritable agriculteur insulté et insulteur.

L’an dernier, Le Post avait douté en toute sympathie de ses révélations fracassantes : Reboux promettait de se montrer en compagnie de l’agriculteur devant l’Elysée. Comme l’an dernier donc, à quelques jours de la manifestation, Fernand Buron fait son apparition. Et à en croire la dépêche AFP et ses nombreuses reprises dans la presse, la supercherie fonctionne encore. (via les inrocks)