Festival Vo-Vf, le monde en livres, du 30 septembre au 2 octobre à Gif-sur-Yvette

Jeanne Rivière - 22.07.2016

Edition - International - Festival vo-vf - littérature étrangère - traduction littéraire


Dernier né des festivals littéraires d’Ile-de-France et premier en son genre, le festival Vo-Vf, le monde en livres a la particularité d’aborder la littérature étrangère par le biais de ses traducteurs. Du 30 septembre au 02 octobre 2016, une trentaine de tables rondes et ateliers se dérouleront dans toute la ville de Gif-sur-Yvette. Une occasion pour les lecteurs de rencontrer ces « auteurs derrière l’auteur » que sont les traducteurs littéraires et de découvrir avec eux langues et cultures étrangères.

 

 

 

« Lire et faire lire », tel est l’objectif poursuivi par les libraires fondateurs du festival Vo-Vf, le monde en livres dont la quatrième édition se tiendra du 30 septembre au 2 octobre à Gif-sur-Yvette, au sud-ouest de Paris. Et quel meilleur passeur d’une œuvre de littérature étrangère que son traducteur qui est resté plusieurs mois plongé dans l’ouvrage et qui, par ailleurs, est bien souvent à l’origine de sa découverte par l’éditeur…

 

Les traducteurs ont enfin leur festival !

 

Lorsqu’ils invitent pour la première fois deux auteurs étrangers, l’indien Tarun J.Tejpal, puis l’Iranienne Zoyâ Pirzâd, accompagnés de leurs traducteurs, les libraires de Liragif et de La Vagabonde & sa Fabrique constatent d’emblée le vif intérêt des lecteurs pour l’éclairage apporté par les traducteurs. La décision collégiale est rapidement prise de « pousser les murs de nos librairies en organisant trois jours de rencontres avec les traducteurs afin de donner la parole à ces auteurs de l’ombre », se souvient Hélène Pourquié. Le festival Vo-Vf est né, dont la première édition se tiendra en 2013, sous les bons auspices d’Agnès Desarthe et de Claro, traducteur à l’honneur, qui annonce à l’époque sur son blog la bonne nouvelle : « Qu’on se le dise : les traducteurs ont enfin leur festival, et c’est un festival de livres et de lecteurs ! »

 

Suivront en 2014 et 2015 d’autres parrains bienveillants, tels que Patrick Deville, Pierre Assouline, André Markowicz, Tobie Nathan et le regretté Jean-Pierre Carasso, entre autres invités qui marqueront ces premières années. La programmation, soucieuse de présenter des œuvres majeures, de mettre en lumière le travail des traducteurs et d’aborder le vaste champ des langues et du langage tente de balayer le plus large éventail de cultures et de pays et de varier les thématiques à chaque nouvelle édition.

 

Maylis de Kerangal et sa traductrice canadienne Jessica Moore

 

Pour ce quatrième rendez-vous, ce sont des marraines qui prennent le relais, avec Maylis de Kerangal et sa traductrice canadienne Jessica Moore, également poète et musicienne, pour la soirée d’inauguration vendredi 30 septembre, et la russophone Luba Jurgenson, traductrice à l’honneur, qui viendra parler de son travail sur les récits de témoignages du goulag, objet de ses recherches, mais aussi de son expérience du bilinguisme dont elle a tiré un précieux recueil « Au lieu du péril » (Verdier, 2014).

 

La Belgique et ses deux langues, flamande et francophone, est une autre invitée spéciale du festival, avec deux auteurs de renom, Jean-Philippe Toussaint et Tom Lanoye, accompagnés de leurs traducteurs, vers l’italien et l’espagnol pour le premier, vers le français pour le second. Tous deux viendront rappeler que, au-delà de leur différence linguistique, l’autodérision et l’humour restent une valeur belge commune, chacun dans son style. L’auteure et traductrice Diane Meur (belge également, mais qui le sait ?) viendra présenter sa plus récente traduction de l’anglais (Afrique du Sud), ainsi qu’un livre de Tezer özlü qui lui est cher et dont l’histoire entraîne le lecteur en Turquie et en Allemagne, mais aussi sur les traces de Kafka, Svevo et Pavese…

 

De la littérature kurde aux œuvres du féminisme afro-américain

 

Parmi les rendez-vous à ne pas manquer, l’intervention de la scientifique Françoise Balibar sur la traduction des écrits de Albert Einstein, la table ronde sur la rentrée littéraire, celle sur les littératures lusophone et néo-zélandaise, la présentation du théâtre de l’Est par la Maison d’Europe et d’Orient, la découverte de la littérature kurde avec la BULAC, la table ronde sur « Traduire les textes sacrés » ou encore celle sur la traduction du « black feminism » ou féminisme afro-américain, entre autres éléments de programmation de cette 4e édition.

 

Certains sont devenus des rendez-vous attendus du public, tel que les jeux traductifs proposés par les stagiaires de l’École de traduction littéraire du CNL-Asfored qui invitent la salle à participer à ses « colles de traduction » et autres pièges posés par le passage d’une langue à une autre, d’une culture à une autre. 

 

Pour les enfants, la découverte des langues

 

Les enfants bénéficient d’une programmation qui leur est spécialement destinée, comprenant des ateliers d’arts plastiques, d’origami ou encore de découverte des langues avec l’association Kidilangues, des lectures de contes, un goûter sur les pelouses du parc du château, entre autres. 

 

La manifestation, qui a reçu l’an passé mille visiteurs venus de toute l’Ile de France, est entièrement libre d’accès et gratuite, et tient à le rester... Pour ce faire, chaque année, le bénéfice des ventes réalisées par la librairie éphémère Babel durant le week-end est totalement réinvesti dans l’organisation du festival. 

 

L’équipe a également lancé une campagne de financement participatif sur helloasso, encore en cours. Les organisateurs remercient les contributeurs dans la quinzaine de langues présentes cette année à Vo-Vf, le monde en livres : thank you, hvala, Danke, tack, takk , спасибо, dank u, 감사obrigado, spasممنونgracias, 谢谢, faleminderit, ευχαριστώ.