Fidl : 'Vous favorisez l'échec scolaire, Monsieur le Ministre !'

Clément Solym - 25.01.2009

Edition - Société - Fidl - Darcos - lycéens


Il était venu pour renouer avec les lycées, invité par la Fidl, le syndicat lycéen, et quelque peu surpris de ce rendez-vous : Xavier Darcos avait ouvert les discussions en déclarant : « Je vois maintenant que nous pouvons repartir sur des bases nouvelles. »

Et en guise d'introduction à la dialectique politicienne, Xavier Darcos tente de rallier les troupes : « Vous et moi considérons que la situation actuelle n'est pas satisfaisante. » Erreur, on ne manipule pas aussi grossièrement. Puis de répondre aux angoisses sur les suppressions de poste, les effectifs dans les classes, etc.

Le ministre aura tenté de tourner les choses en sa faveur, en pointant l'apparition de M. Descoings comme une réelle avancée, et espérant que la pilule passerait mieux « avec quelqu'un de nouveau ». Mais cela ne change rien. Une élève intervient : « Vous supprimez des postes... Vous enlevez des pions. Vous favorisez l'échec scolaire, Monsieur le Ministre. » La salle exulte, le ministre est acculé.

Alors ministre de « l'Économie de l'Éducaiton national », le Xavier ? C'est bien ce qu'on lui reproche. Jusqu'au moment où Alix Nicolet, la présidente, lui coupe la parole, pour dénoncer son manque de « volonté ». Apathique de surcroît ? Les questions auront fusé de toutes parts, le ministre s'est débattu, pour n'arriver qu'à la débâcle d'un : « Je me doutais bien que je ne vous convaincrais pas. »

Retournement de situation facile, bien qu'il « invite à ce que le dialogue continue », les États généraux s'achèvent sur un sentiment amer. Pour Alix Nicolet, c'est un semi-ratage : « Il avait envie de discuter. Mais on est un peu peu amer. On voit qu'il est toujours bloqué sur pas mal de choses. » Et comme le Tiers État en 1789, elle estime qu'après l'intervention du ministre « on est resté sur notre faim ».