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Fifi Brindacier évite de justesse une campagne de boycottage

Clément Solym - 17.09.2012

Edition - International - Boycott - Polémique - Suède


La série de romans pour la jeunesse, Fifi Brindacier (Pippi Långstrump en Suédois), a échappé à une campagne de boycottage. Les ayants droits de l'héroïne à succès, s'étaient dans un premier temps opposés à l'utilisation du singe et ami de Fifi aux longues chaussettes sur le faire-part de décès d'un garçon âgé de 3 ans. Face à l'émoi et la vague de protestation soulevés en Suède, ils ont finalement présenté leurs excuses dimanche.

 

 

 

Dans un style résolument moderne à partir de 1945, l'écrivaine Astrid Lindgren avait donné naissance au personnage d'une fille rousse pas plus haute que trois pommes, accompagnée dans ses péripéties par ses compagnons animaliers et son oncle Alfred.

 

En brisant les codes moralisateurs de l'époque, pour présenter une héroïne toute d'insolence et d'espièglerie, l'auteure a révolutionné l'univers de la littérature pour enfants. Ses livres sont devenus des classiques du genre que rien ne semble avoir démodé dans le coeur du jeune public.

 

Vendredi dernier, la famille du petit garçon a alerté la presse au sujet du refus, par la société Saltkraakan, de tolérer cette utilisation de l'image de monsieur Nilsson. Le jeune défunt était fan du singe et compagnon d'aventures de l'héroïne, mais les héritiers de l'écrivaine avaient invoqué le souhait d'Astrid Lindgren de voir ses personnages associés à des évènements heureux.

 

Mais ce dimanche, suite aux protestations, la société familiale a décidé d'abandonner ses revendications et de présenter ses plus plates excuses. Sur son site internet, le directeur général Nils Nyman a déclaré : « Nous sommes tout à fait désolés que tant de peine et de déception face à notre 'non' se soient ajoutés à un grand chagrin. Nous ne pouvons que demander pardon. [...] M. Nilsson sera sur le faire-part, si les proches du petit garçon le souhaitent toujours. »

 

Une campagne de boycottage avait été lancée, sur internet, avec l'appui de soutiens médiatiques. L'écrivaine suédoise à succès, Camilla Lächberg, avait notamment exprimé son indignation via twitter. 

 

"Saltkraakan salit la mémoire d'Astrid", avant d'apaiser les esprits à l'issue du revirement de situation de la part des ayants droits, en saluant la souplesse, l'empathie et le tact dont ont fait preuve ces derniers.