Fifty Shades of Grey "brise moins de tabous que Sex and the City"

Julien Helmlinger - 29.01.2015

Edition - International - Fifty Shades of Grey - Sexe - romance - E.L James


Maîtresse Jadis, Australienne basée à Sydney, est une vraie pro du bondage et de la soumission d'autrui. Selon la presse locale, elle possède tout un arsenal dédié aux châtiments corporels et des tenues particulièrement résistantes aux environnements chauds et humides. En répertoriant les blogs et autres sites dédiés au thème du sadomasochisme, l'experte n'a pas échappé au buzz des Fifty Shades of Grey. Déçue, sa critique littéraire prend des allures de fessée.

 

 

 

 

L'acteur Jamie Dorman avait assuré au public que le livre d'E.L James et son adaptation ne défendaient pas une vision misogyne des rapports de couple. Maîtresse Jadis déplore quant à elle que les aventures sexuelles de monsieur Grey soient pour le moins has-been, en présentant toujours une domination masculine, sans jamais inverser les rôles des deux partenaires. Selon l'experte, la domination féminine serait pourtant en vogue dans le milieu et d'autant plus subversive et attrayante qu'elle rompt avec le modèle patriarcal.

 

Par ailleurs, elle estime que les expériences dépeintes dans le roman lui évoquent davantage le domaine de l'abus sexuel plutôt que celui des rapports de domination consentis. Ses propres clients ont besoin d'être rassurés quant aux conditions de sécurité et de respect. Or, la professionnelle dénonce l'absence de contrat de confiance dans le best-seller du porno pour mamans, ainsi que les tactiques de coercition mises en pratique par le millionnaire afin de disposer comme il l'entend d'Anastasia.

 

Pour compléter sa flagellation, Maîtresse Jadis rappelle que E.L James n'a fait que rebondir sur le succès naissant de la catégorie fan-fiction, mais que la romance extrême et le porno pour mamans existaient déjà depuis belle lurette. Elle note d'ailleurs que le filon avait été exploité avec plus d'ardeur et de talent littéraire. Elle évoque notamment le roman Eat Me (Mange-moi), de Linda Jaivin. Une compatriote qui a également fait vendre de la lingerie sexy et connu un succès à l'international avec son bouquin. 

 

D'après Linda Jaivin, Fifty Shades of Grey brise finalement moins de tabous qu'une très populaire série TV, Sex and the City, une production destinée au marché de masse et à laquelle personne n'avait songé à coller l'étiquette « porno ». La véritable raison du succès de James, selon Maîtresse Jadis, résiderait avant tout en l'efficacité du web et des réseaux quand il s'agit de faire du buzz.

 

Pour en apprendre davantage, consulter l'article du Sydney Morning Herald.