Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Fifty Shades of Grey : l'aventure se poursuit chez les sénateurs

Clément Solym - 26.09.2014

Edition - Les maisons - Fifty Shades - lecture écriture - filiale édition


Tous les dérivés commerciaux avaient vu le jour, avec la marque Fifty Shades of Grey – sauf peut-être, les soins de visage Christian Grey, une piste à explorer. Depuis les lignes de lingeries, en passant par les sex-toys, cette trilogie érotico-SM avait conquis les libraires et les magasins. Si la romance plus ou moins pornographique n'avait jamais eu autant de succès, le filon économique n'a pas fini de faire des petits.

 

 

 

 

 

Au fil des semaines, des mois, et puis, des années de succès, le commerce de l'érotisme a connu de belles heures, et les lecteurs ont vu débarquer des imitations, des copies, ou plus simplement, des ouvrages qui surfaient sur la vague éditoriale. Des sites se sont ouverts, plus nombreux que jamais, pour suivre le mouvement. Après que EL James a été consacrée comme l'une des 100 personnes les plus influentes au monde, selon le très sérieux Time, l'auteure et ses livres ont conquis la planète.

 

Des sites où écrire de la romance, il suffit désormais de renverser dans une poubelle pour en voir tomber une centaine. Depuis les premières pages Facebook d'auteurs en mal de reconnaissance, jusqu'à des ressources plus professionnelles, un seul constat : le trafic des pages web augmente, et les lecteurs atteignent le point de non-retour. Les FanFictions, ces récits calqués sur une œuvre originale, et qui explorent l'univers pour créer des narrations alternatives, pleuvent. 

 

Chaque auteur en herbe a désormais à l'esprit cette volonté de devenir le prochain EL James, pensant que la porte d'entrée passe nécessairement par cette publication depuis des sites spécialisés. Après tout, EL James avait commencé de la sorte. La fascination pour le succès qu'a rencontré la trilogie va grandissante, même si l'effet de mode, dans les ventes, s'est estompé quelque peu. Les rêves de publication à succès ne manquent pas. 

 

Cet aspect n'a pas manqué d'être remarqué : si la fiction érotique n'a jamais été un genre très pris au sérieux, Internet a offert un espace d'expression considérable. Les forums de partage de textes abondent, les inscriptions de nouveaux auteurs vont bon train : les curieux viennent découvrir quelques textes, d'autres s'inspirent des récits faits par d'autres auteurs. 

 

En somme, et bien plus qu'un développement anarchique, Fifty Shades of Grey a marqué de son empreinte toute une écriture en ouvrant plus largement la voie par Internet. Ces textes qui depuis des années, commençaient à profiter des facilités de la commercialisation en numérique, finiraient presque par conquérir leurs lettres de noblesse. 

 

Sauf que l'on ne s'attendait pas le moins du monde que Fifty Shades puisse devenir un outil de contestation. C'est ce que rapporte ABC 27 : on ignore encore quel est le message que les Sénateurs veulent faire passer, mais les contribuables américains, qui prennent part dans le financement de la bibliothèque du Capitole ouverte en 1906, apprendront avec plaisir que la version audiobook de Fifty Shades se retrouve dans le vénérable établissement. 

 

Intéressant, si l'on tient compte de ce que les USA célèbrent actuellement la semaine des livres bannis en bibliothèque...