Fight Club : un "raté monumental", rappelle Chuck Palahniuk

- 19.04.2013

Edition - International - chuck palahniuk - fight club - testostérone


Un roi d'un genre littéraire bien particulier. On pourrait dire un Kaiser de la fiction hyper-testostéronée : violence sociale, muscle et monologues tartinés de fiel. Chuck Palahniuk s'est fendu cette semaine d'un entretien sur l'agrégateur de contenu Reddit. L'auteur a l'habitude de refaire le portrait de la société avec des marginaux et des misanthropes, mais n'hésite pas à écorner ses propres mythes.

 

 

 

 

Quand on lui parle de son succès immédiat, Palahniuk recadre immédiatement : Fight Club (1996) n'a pas été le best-seller que l'on s'imagine. « Un raté monumental », estime l'auteur, au point que la plupart des exemplaires allaient être mis au pilon quand le film a été diffusé trois ans après la publication.

 

Le romancier parle même de « flop » pour l'adaptation de Fincher, et précise qu'il a fallu plusieurs années, une décennie même avant que le récit de Tyler Durden trouve son auditoire. Produit pour 63 millions $, le film n'en récolte qu'une dizaine lors de sa première semaine d'exploitation. Seule son exploitation internationale fonctionnera sensiblement plus, faisant rentrer le film dans ses frais.

 

En contre-point, Palahniuk s'étonne que le récit psychotique trouve toujours un bel écho chez les lecteurs les plus jeunes. Journaliste et théoricien des mutations sociales, l'auteur en toute logique a été questionné sur l'avenir de la presse. Il relate avoir attrapé le virus de l'info, comme beaucoup, avec Les hommes du Président de Pakula.

 

Une motivation « stupide », mais encourage les jeunes journalistes sur les compétences que le métier apporte. « Être observateur et communiquer clairement, à défaut d'une bonne éloquence », des « aptitudes qui vous sauveront ». 

 

Aussi déjanté que certaines de ses nouvelles, les envois de colis avec ses fans, parfois classiques « du chocolat », son choix préféré, et parfois plus funèbre. « Je cherche toujours à envoyer des choses en rapport avec les romans. » « La chose la plus curieuse, ce furent les cendres de l'auteur Shirley Jackson, auteure de The Haunting of Hill House », expédiée par la fille de la défunte. Puis transmises au journal Byliner, dans lequel il contribue.

 

Taquin ou vrai fétichiste, Palahniuk souhaiterait renouveler l'expérience.

(Via Reddit, ici et .)