Filippetti à rebours du gouvernement sur la question des intermittents

Antoine Oury - 16.06.2014

Edition - Société - Aurélie Filippetti - intermittents du spectacle - convention chômage


Malgré les propos du ministre du Travail, François Rebsamen, qui avait assuré que le gouvernement fournirait l'agrément sur l'accord chômage des intermittents fin juin, la ministre de la Culture a souligné que celui-ci ne « résout pas la question du régime ». Dans un entretien au Monde, elle assure que le dialogue n'a pas été au rendez-vous entre les syndicats et le MEDEF, et que le député Jean-Patrick Gille fournira en fin de semaine de nouvelles propositions.

 


Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication

Seule contre tous ? Aurélie Filippetti à la médiathèque Boris Vian de Chevilly-Larue

(ActuaLitté, CC BY-SA 2.0)

 

 

Le gouvernement est dans l'attente des conclusions du député Jean-Patrick Gille, devenu une sorte de médiateur face à la situation des intermittents, qui s'enlise et se prolonge de jour en jour. À l'approche des grands festivals de l'été, on comprend que le ministère de la Culture ait préféré garder le silence, en attendant la fin du mois de juin. 

 

En effet, le gouvernement, et particulièrement le ministère de Travail, a garanti que l'accord autour du régime chômage des intermittents serait bel et bien signé. Toutefois, les grèves très suivies, initiées par la CGT, seul syndicat non-signataire de l'accord mis sur pied par les syndicats FO, CFDT et CFTC et le MEDEF, font craindre d'autres annulations de spectacles.

 

La ministre de la Culture Aurélie Filippetti a finalement pris la parole dans Le Monde de ce matin, en allant jusqu'à dénoncer un accord qui « ne résout pas la question du régime des intermittents ». Interpellée à plusieurs reprises par les grévistes, elle estime aujourd'hui que toutes les pistes « n'ont pas été examinées par les partenaires sociaux et les conditions de dialogue social n'ont donc pas été satisfaisantes ».

 

Filippetti s'est également exprimée sur le rôle de Jean-Patrick Gille, chargé par le gouvernement début juin de remettre de l'ordre dans les négociations. « Jean-Patrick Gille est la personne idéale pour mener à bien cette mission. Il connaît bien l'assurance-chômage, et il a mené la mission parlementaire sur l'emploi artistique, en formulant des propositions très concrètes sur l'intermittence. » Sans préciser si le gouvernement va agréer ou non la fameuse convention, la ministre précise que le gouvernement est prêt à aller « très, très loin ».

 

Place de la Concorde, ce matin, de nombreuses personnalités de la culture se sont rassemblées, dont Jack Lang, Jean-Michel Ribes ou Daniel Pennac, quelques heures avant une autre mobilisation devant le Ministère de la Culture. « Je vois la façon dont les intermittents vivent, avec des salaires entre 1.000 et 2.000 euros par mois. On fait passer les petits salaires pour des privilégiés, c'est révoltant », a souligné le romancier Daniel Pennac.