Filippetti déplore l'austérité appliquée à la culture par le gouvernement

Antoine Oury - 05.10.2014

Edition - Société - Aurélie Filippetti gouvernement - sexisme machisme - Arnaud Montebourg


Quelques semaines après son départ du ministère de la Culture, en août 2014, Aurélie Filippetti, députée de la Moselle, a accordé une interview à Mediapart. Elle y revient sur son départ précipité du gouvernement, l'austérité appliquée à la culture, ainsi que sur les différentes réactions qui ont suivi cette décision « de conscience ».

 


Signature du contrat de performance 2014-2016 de la Bibliothèque nationale de France

Aurélie Filippetti, en mai 2014 (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

Un tweet de celle qui était alors ministre de la Culture et de la Communication n'était pas passé inaperçu lors de la Fête de la Rose d'Arnaud Montebourg et Benoît Hamon : elle souhaitait à ces derniers une « belle journée ». Peu après leur éviction du gouvernement, la ministre de la Culture remettait une lettre de démission à François Hollande et Manuel Valls.

 

« J'ai expliqué les raisons de mon départ de manière très claire dans une lettre que j'ai rendue publique », rappelle Aurélie Filippetti. Elle souligne ainsi l'échec de la politique d'austérité de François Hollande, particulièrement lorsqu'elle s'applique à son ministère : « [A]ssumer la baisse du budget de la Culture de 6 % sur deux ans, dont 4 % dès la première année », a été difficile, et inutile, explique-t-elle, dans la mesure où le budget de la rue de Valois ne représente déjà que 0,75 % des dépenses de l'État.

 

« Ce n'est donc pas cela que l'on réduit les déficits. La culture aurait dû être préservée, parce qu'elle est un symbole et une force pour la France », assure l'ancienne ministre, qui cite également Florange dans ses grandes désillusions vis-à-vis du président Hollande. « Il faut une VIe République, avec une répartition moins monarchique du pouvoir », déclare-t-elle carrément.

 

Pour terminer, elle déplore les commentaires sur son départ, où l'on a pu l'assimiler à une suiveuse : « Il est regrettable que l'on en soit toujours là vis-à-vis des femmes politiques ». Paris-Match avait révélé, quelques jours après le changement de gouvernement, un semblant d'idylle entre Aurélie Filippetti et Arnaud Montebourg : « Je ne laisserai pas installer cette lecture » des événements, souligne la députée de Moselle.