Filippetti : "Il faut du temps pour asseoir une politique"

Antoine Oury - 03.04.2014

Edition - Société - Aurélie Filippetti - Forum de Chaillot - poliique culturelle


Interrogée par l'AFP, Aurélie Filippetti s'est déclarée satisfaite d'être reconduite à son poste, ce qui ne surprendra personne. Par ailleurs, son maintien dans le gouvernement de Manuel Valls était attendu, alors que la ministre commence seulement à porter l'exception culturelle, la fameuse, au niveau européen. Une approche qui se poursuivra notamment avec le Forum de Chaillot, sorte d'extension du Forum d'Avignon.

 

 

Aurélie Filippetti, Forum d'Avignon 2013

Aurélie Filippetti à l'université d'Avignon, Forum d'Avignon 2013 (ActuaLitté, CC BY-SA 2.0)

 

 

En novembre 2013, lors du Forum d'Avignon, la ministre de la Culture et de la Communication avait annoncé la création du Forum de Chaillot, pour offrir une exposition plus importante aux débats portant sur la politique culturelle européenne. Il aurait été douloureux de voir l'événement ouvert par un autre ministre, alors qu'Aurélie Filippetti avait supervisé l'organisation...

 

« Le ministère de la Culture a besoin de stabilité. Il y a eu trop de ministres qui ne sont restés en moyenne que deux ans. Je pense qu'il y a besoin de temps pour asseoir une politique, notamment dans un contexte de mutation forte symbolisée par les nouveaux défis du numérique », a expliqué la ministre à l'AFP. Difficile de savoir dans quelle mesure l'argument de Chaillot et de l'Europe a pesé, mais elle prend soin de rappeler à l'AFP qu'« il faut également une grande mobilisation en matière culturelle à l'échelle européenne. Cela va commencer dès vendredi avec le Forum de Chaillot que j'organise. » 

 


 

Au niveau européen, la politique volontariste de la ministre, qui ne manque pas les occasions du Forum d'Avignon pour converser avec ses homologues ou d'autres responsables européens, pourrait avoir portée ses fruits. On songera ainsi à l'annonce de l'adoption, finalement, d'un taux réduit, voire nul, et harmonisé de TVA sur le livre.

 

Lors du dernier Salon du Livre de Paris, Michel Magnier, directeur culture et média à la Direction Générale Éducation et Culture de la Commission européenne et s'exprimant au nom de cette dernière, a reconnu que les différences de taux dans les différents pays de l'Europe constituaient « une anomalie ». Pour l'exception culturelle française, c'est une petite victoire, partagée avec le Luxembourg. En effet, pour l'application d'un taux réduit sur le livre numérique, considéré comme livre et non comme un service, la France s'était vue visée par une procédure d'infraction de la Commission, qui sera donc vraisemblablement abandonnée.

 

Outre la culture européenne, la ministre a annoncé vouloir « réaffirmer que la liberté de création et de programmation est une valeur fondamentale », via une loi, mais aussi « faire circuler davantage les oeuvres d'art », en particulier sur les lieux de travail. Interrogée sur le régime social des intermittents, elle a affirmé son « soutien » à ces derniers.