Filippetti salue la déontologie de Trierweiler et oublie Pulvar...

Clément Solym - 04.10.2012

Edition - Société - Aurélie Filippetti - Valérie Trierweiler - Audrey Pulvar


Mais que diable avait-elle besoin de mettre son nez dans cette affaire, la ministre de la Culture ? Valérie Trierweiler, dont la cote de popularité avait pris du plomb dans l'aile, s'était fendue d'une interview dans Ouest France, expliquant sa position nouvelle, vis-à-vis de son travail, et des contraintes qui s'exerçaient. En somme, elle, journaliste, ne pouvait pas journalister en paix, sous peine d'être prise en flagrant délit de collusion...

 

 

 "Ils pouvaient pas interroger Duflot là-dessus ?!"

 

Chère Valérie, première dame réfutant ce terme depuis l'élection de son concubin, François Hollande, à la présidence du pays, n'a eu de cesse que de vouloir conserver son indépendance financière. Et c'est encore ce qu'elle répète dans cette nouvelle interview. 

Je suis journaliste à Paris Match depuis 22 ans, je tiens une chronique littéraire qui n'a rien à voir avec la politique. Mes enfants sont à ma charge et je ne vois pas comment faire sans salaire. La France détient le record de femmes actives : 85 %. J'en fais partie tout simplement. Conserver mon indépendance financière me semble également plus sain pour garder les pieds sur terre.

 

Et dans le même temps, elle précise qu'elle a décidé de renoncer à un projet d'émission sur la chaîne D8, où elle a travaillé ces dernières années. En parallèle, la première dame se moque gentiment de faire la Une, malgré elle, de la rentrée littéraire.

Vous avez raison de parler de « littérature » car certains s'apparentent davantage au genre romanesque qu'à l'enquête journalistique. Je n'ai pas le sentiment que les auteurs parlent de moi mais d'un personnage qu'ils auraient imaginé pour correspondre à leurs clichés.

 

Et voilà comment on fait un mea culpa, suivi d'une pirouette gentille, pour attirer l'attention de la ménagère et du ménager... Chapeau bas.

 

Or, voilà donc qu'Europe 1 invite Aurélie Filippetti, ministre de la Culture, à réagir à cette information. « Je suis féministe, enfin j'encourage le travail des femmes, et donc je déplore que pour cette femme en particulier ce soit si difficile de pouvoir exercer son métier aujourd'hui », explique Aurélie, avec le plus grand sérieux. Elle s'indignerait même de ce que, depuis la prise de fonction de Hollande, le traitement réservé en particulier à Valérie, soit déplorable. 

 

Mieux : Aurélie assure qu'elle a toute confiance en Valérie Trierweiler, et en sa déontologie, à titre journalistique. « À chaque fois que la question se pose entre une femme journaliste, dans un couple, entre une femme journaliste et un homme politique, c'est toujours la femme qui fait des sacrifices. Et je pense que si la question était inversée, ce ne serait pas la même chose ».

 

 

 
Filippetti déplore que Trierweiler ne puisse pas... par afp


 

 

Et pendant ce temps, aux Inrocks, quelqu'un l'a mauvaise...

 

On sourirait jaune, mais surtout, c'est Audrey Pulvar qui doit apprécier cette défense illustrée d'une telle solidarité féminine. C'est qu'à l'annonce de sa nomination aux Inrocks, la petite Audrey, qui vit avec Arnaud Montebourg, ministre Amazon du Redressement productif, en avait entendu des vertes et des pas mûres sur son compte. On l'avait accusée de trafic d'influence, chose qu'elle a formellement démentie, dans l'affaire de la Banque publique d'investissement, dont Matthieu Pigasse, patron des Inrocks et de la société Lazard France, devait prendre les commandes. 

 

Mais également que sa nomination à la tête des Inrocks posait un sérieux problème de déontologie, étant donné la situation de son conjoint et la note politique que le magazine avait prise. À ce moment-là, Aurélie Filippetti s'était bien gardée d'intervenir, d'apporter un quelconque soutien à la journaliste ou quoi que ce soit d'autre... 

 

Pourtant, c'est qu'en matière de déontologie, le fait qu'un livre racontant les 400 jours dans les coulisses de la campagne de François Hollande soit agrémenté de photos commentées par les soins de Valérie Trierweiler : 

Ces « 400 jours dans les coulisses d'une victoire », sont l'oeuvre du photographe Stéphane Ruet, qui, dès le 31 mars 2011, jusqu'au soir de la victoire, a suivi les traces de François Hollande. Bon... la préface du livre est signée de François Hollande, chose qui peut prêter à sourire, dans un acte d'humilité relative. 

La suite est plus velue : « Au fil des mois, on suit la mue d'un homme qui, progressivement, emporte l'empathie des Français tandis qu'il se glisse dans la peau d'un futur président de la République. Ce livre offre des images exclusives, intimes et inédites de tous les moments-clés de la campagne, commentées par Valérie Trierweiler. » [voir notre actualitté]

 

Mais en matière de sécurité financière, et peut-être, par extension, de déontologie, sait-on jamais, Valérie Trierweiler a probablement des squelettes dans le placard. Depuis des mois, un document circule sur internet, dont on retrouver les traces sur différents sites d'informations, en commentaire, faisant état de la véritable fortune, historiquement obtenue, de la famille... Massonneau, nom de jeune fille de Valérie. 

 

La Fortune sourit aux audacieux ?

 

De redoutables pincettes sont à prendre, concernant ces informations, qui établissent un petit arbre généalogique de la famille Massonneau, originellement propriétaire d'une banque angevine, que le Crédit de l'Ouest avait rachetée en 1950. Jean-Noël Massonneau était en effet codirecteur de l'établissement Bordier-Massonneau.

La suite est intéressante la famille Massonneau a vendu sa banque au Crédit de l'Ouest, mais devinrent actionnaires à hauteur de 11% du Crédit de l'Ouest. La famille Massonneau est à l'abri du besoin. En 1957 fusion du Crédit Nantais (créé en 1912) et du Crédit de l'Ouest d'Angers (créé en 1913), puis fusion en décembre 2006 du Crédit Industriel de l'Ouest (CIO) et de la Banque régionale de l'Ouest (BRO). C'est maintenant le Crédit industriel et commercial Ouest (CIC Ouest).

 

Et de conclure que les six enfants Massonneau seraient donc actionnaires au Crédit industriel et Commercial, disposant d'actions dans les groupes du CIC, tout en chiffrant les revenus de la journaliste à plus de 3 millions annuels. (voir l'intégralité)

 

Le Parisien, dans un long article évoquant « La vérité sur la banque familiale » réfute catégoriquement ces affirmations : « Tout est faux », balayent nos confrères. Selon l'oncle de Valérie, le père se serait associé à un escroc, qui serait parti avec l'argent. Et le sujet serait devenu familialement tabou, le père s'étant assuré de rembourser tous les clients floués. Aujourd'hui, pour seule fortune, Valérie disposerait d'une moitié de maison achetée avec son ex-mari, d'une valeur de 250.000 €. En revanche, le père Massonneau aurait bien été engagé au CIC après l'affaire d'argent volé...

 

Difficile de démêler le vrai du faux, et d'être plus catégorique que Le Parisien. Mais pour ce qui est de l'intervention de la ministre, immanquablement, il y a un réel problème de comptabilité. À moins que défendre la conjointe du président ne soit plus bankable que celle d'un ministre, fut-il en charge du Redressement productif.