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Filippetti victime d'une baisse "sans précédent" du budget de la Culture

Nicolas Gary - 26.08.2014

Edition - Société - Aurélie Filippetti - Manuel Valls - gouvernement démission


Aurélie Filippetti a fait ce que bon lui semblait, adressant un courrier au Président de la République et au premier ministre, rappelant avant toute chose qu'elle n'avait « jamais manqué à la solidarité gouvernementale, ni à la loyauté ». Mais le courrier expédié laissait un goût étrange – comme si, alors qu'il n'était pas question qu'elle reste au gouvernement, la députée de Moselle décidait de ne pas y revenir. Étrange ?

 

 

par James

 

Il est vrai qu'on hésitait un peu entre le rire et la consternation, alors que sur Twitter, jeux de mots et commentaires allaient bon train. Mais en revenant à la lettre de démission, pour éviter le licenciement, on se rend bel et bien compte que l'ex-ministre de la Culture a bel et bien fait une poussée d'égocentrisme.

 

 

On notera que, si au cours de tout son mandat de ministre, la diminution du budget de la rue de Valois avait toujours été minimisée par Aurélie Filippetti, qui désormais, revirement de masse, évoque la loyauté avec laquelle elle a « dû subir une baisse sans précédent du budget du ministère de la Culture ». Si celui-ci avait été sanctuarisé sous Frédéric Mitterrand, la diminution n'était pas non plus aussi dramatique que l'ex-ministre le laisse entendre. 

 

Pour 2014 : 7,26 milliards € -2 %

Pour 2013 : 7,4 milliards € -2 % 

Pour 2012 : plus de 7,4 milliards +0,9 %

Pour 2011 : près de 7,5 milliards € + 2,1 %

Pour 2010 : près de 7,5 milliards €, soit 154 millions € de plus que 2009

 

Autrement dit, si la diminution est constatée depuis cinq années, celle drastique qu'évoque Aurélie Filippetti découle surtout d'une hausse consécutive de 2010 à 2012. En somme, son budget de 2013, était présenté comme répondant aux exigences globales de l'Etat. Or, dès sa prise de fonction, Aurélie Filippetti avait immédiatement coupé court à différents projets mené sous l'ère Sarkolandie. Il fallait alors « contribuer au redressement des comptes publics », mais également « financer les priorités » tout en abandonnant « les grands projets culturels annoncés par le précédent gouvernement sans être financés ».

 


 

Ce qui est évident, c'est qu'en 2015, le ministre qui succédera sera encore plus restreint dans ses dépenses, et les ministères devront faire plus attention encore. Mais qu'à cela ne tienne, Aurélie Filippetti aurait pris le temps de diminuer le salaire de certains de ses collaborateurs – estimant qu'il n'était pas acceptable de les voir gagner plus qu'elle, avait assuré le Canard enchaîné. 

 

Finalement, toute la politique, sinon l'orientation, donnée à la rue de Valois se résument en ces lignes opaques, et maladroites : « L'alternative n'est pas entre la loyauté et le départ. La question est : de quelle loyauté parle-t-on et pourquoi est-on investi d'une responsabilité politique ? Il y a un devoir de solidarité, mais il y a aussi un devoir de responsabilité vis-à-vis de ceux qui nous ont fait ce que nous sommes. Je choisis pour ma part la loyauté à mes idéaux. »

 

Les idéaux que l'on retrouvait dans son précédent roman ?