Fin de l’obsolescence programmée pour le prêt d'ebooks chez PRH

Nicolas Gary - 31.12.2015

Edition - Bibliothèques - bibliothèques prêt - ebooks éditeurs - conditions prêt


Dans les accords passés entre bibliothèques et éditeurs, concernant le prêt numérique de livres, Penguin Random House vient d’apporter quelques modifications à ses conditions de vente. Que ce soit aux États-Unis ou au Canada, ces nouvelles mesures entrent en vigueur à compter de ce 1er janvier, pour les ouvrages Adults et le fonds de catalogue. Et bouscule largement ce qui était alors en vigueur.

 

Penguin bookends

Plus de Penguin entre les livres ?

Mosman Library, CC BY 2.0

 

L’entrée de Penguin sur le marché du prêt d’ebooks, s’était faite en octobre 2012, chez la New York Public Library et la Brooklyn Public Library. Et des modifications avaient d’ores et déjà été annoncées début décembre, comme le fruit d’une concertation entre les offres de Random House et Penguin. La fin de l’obsolescence programmée était alors présentée comme le meilleur atout de l’offre.

 

Le plafonnement jusqu’à présent imposé, chez Penguin, d’une année de prêt avant de devoir racheter l’ouvrage sera arrêté. A contrario, Random House avait choisi une offre sans limite, mais avec des tarifs très élevés. Et dans le même temps, les prix de vente sont également revisités : on passera à des tarifications entre moins de 20 $ et un maximum de 65 $. De quoi apporter un véritable souffle d’oxygène aux bibliothèques de prêt, qui payent actuellement respectivement 85 $ US et 95 $ CA, selon les territoires. 

 

Selon le groupe éditorial, cette nouvelle vague de facturation intervient pour entrer en adéquation avec les besoins des établissements, et les envies des consommateurs. Des campagnes de promotions seront même proposées pour certains titres, exactement comme ce peut aujourd’hui être le cas avec les ventes unitaires au grand public. 

 

« Nous souhaitons que cette transition vers nos nouveaux termes soit un processus aussi facile et commode que possible pour nos partenaires bibliothécaires. Et mon équipe et moi-même sommes en train de travailler étroitement avec les différents agrégateurs numériques qui vendent nos titres aux bibliothèques pour y parvenir », assure Skip Dye, vice-président des ventes bibliothèques chez PRH.

 

Tous les titres Penguin achetés avant le 1er janvier 2016 seront toutefois maintenus sous l’actuel accord. 

 

Dans son communiqué, le groupe insiste également sur la notion de propriété, soulignant qu’il s’agit là d’une approche toujours soutenue. Il s’agit certes de vendre à un tarif plus important que la vente au détail, mais avec l’intention malgré tout d’accorder une propriété sur les fichiers. 

 

Après l'expérimentation, les modifications

 

En réalité, après la fusion des deux sociétés Penguin (groupe Pearson) et Random House (groupe Bertelsmann), la structure a expérimenté les différents modèles à destination des établissements de prêt. Et après deux années et demie, voici qu’une nouvelle approche peut se mettre en place, résultant des expérimentations menées. « Notre décision d’unifier sous un modèle permanent s’inspire de nos échanges approfondis et renouvelés avec nos partenaires bibliothécaires », poursuit Skip Dye. 

 

Non seulement le plafonnement tarifaire est donc révisé, mais la disponibilité sans renouvellement d‘un titre – perpétuel, assure le groupe éditorial – devient un véritable argument pour les personnels chargés des achats. 

 

Pour la présidente de la l’American Library Association, Sari Feldman, cette évolution est éminemment appréciable, mais la question tarifaire reste importante. Des ouvrages vendus pour des prix entre 20 et 65 $ représentent malgré tout un investissement sur le court terme, qu’il faut encore pouvoir assumer. 

 

PRH affirme également avoir des tarifications tout à fait concurrentielles en regard de celles des autres groupes éditoriaux. D’ailleurs, une solution d’achat à un prix préférentiel, mais cette fois pour une offre qui sera limitée dans le temps, devrait être mise en place. « Nous sommes en pleine constitution de la liste des titres intégrés à cette campagne de promotion pour notre lancement. » Elle sera composée de best-sellers de la liste du NY Times, évidemment, ainsi que d’un fonds d’ouvrages adultes et jeunesse, pris dans les titres du club de lecture.

 

Rappelons qu’en 2011, HarperCollins, autre grand groupe américain, avait été frappé par une campagne de boycott, pour n’avoir pas pris en considération les demandes des bibliothécaires. L’éditeur avait en effet annoncé une limitation à 26 prêts, avant de devoir racheter l’ouvrage en numérique, tout en imposant à l’établissement de disposer d’une forme de licence de prêt. (via Library Journal)