Fin de la censure de l'homme invisible de Ralph Ellison en écoles

Cécile Mazin - 29.09.2013

Edition - International - Ralph Ellison - l'homme invisible - censure


Finalement, le livre de Ralph Ellison qui avait hérissé le poil d'une mère de famille scandalisée, est revenu dans les étagères des bibliothèques scolaires. Neuf jours après avoir été pointé du doigt, et supprimé, le livre revient, après un vote au conseil scolaire du comté de Randolph, à six voix pour, et une contre. L'ouvrage qui a remporté le National Book Award de 1953 continue de faire parler de lui... 

 

 

Invisible Man Sculpture, Harlem, NY

Harlem : sculpture de l'Homme invisible

Tony Fischer, CC BY 2.0

 

 

La tendance s'est heureusement inversée, et finalement les 16.000 étudiants retrouveront le livre d'Ellison dans leurs établissements. L'éditeur, Vintage, a même été convaincu de distribuer une centaine d'exemplaires gratuitement pour les élèves qui seraient intéressés par l'ouvrage. L'American Library Association, le PEN America et d'autres organisations avaient fait pression pour que le conseil scolaire change d'avis sur cette censure. 

 

Le président du Conseil scolaire, Tommy McDonald avait reçu un flot d'emails, dont certains, note-t-il, étaient particulièrement vulgaires. La librairie Books-A-Million aurait connu un véritable engouement durant cette période, les clients achetant le livre et précommandant massivement. De fait, tout ce tapage autour de la censure a galvanisé le public, et même les bibliothèques publiques ont été prises d'assaut, les uns comme les autres souhaitant mettre la main sur le livre dont tout le monde parlait. 

 

Juste avant le vote, les professeurs ont insisté sur la valeur littéraire et pédagogique du roman. Pour certains, ce livre avait autant, sinon plus de force encore pour les élèves du XXIe siècle, qu'il n'en avait déjà dans les années 50. « Certains de nos élèves ont ce même sentiment d'être vêtus d'une cape d'invisibilité », explique une professeure d'anglais.

 

Difficile de ne pas sourire de cette tentative de censure, alors, en se souvenant de la phrase que le narrateur emploie pour expliquer son état : « I am invisible, understand, simply because people refuse to see me. » (Je suis invisible : comprendre, simplement parce que les gens refusent de me voir.) 

 

via LA Times