Fin de partie pour la librairie Castéla de Toulouse

Clément Solym - 09.01.2012

Edition - Librairies - Toulouse - Capitole - librairie


Depuis le 6 décembre, la librairie Castela, située sur la place du Capitole à Toulouse est donc fermée. Chômage pour ses vingt-cinq employés, et surtout, une ville qui vient de perdre l'une de ses figures de proue. 

 

La flambée des prix des loyers sur la place a eu raison de l'établissement qui comptait 1800 m2. Pour un agent immobilier de la place, voilà cinq ans, certains ont pu acheter leur place pour 70.000 €. Désormais, les mêmes emplacements tournent entre 350 et 600.000 €. Et si la librairie est la première victime, les commerces du centre-ville souffrent des mêmes problématiques. 

 

Surnommé le Castela day par les habitants, cette journée de fermeture aura été bien triste, pour l'établissement ouvert en 1917. Pourtant, une seconde mort aura lieu le 18 février, date de la fermeture officielle pour la librairie. Pour l'heure, seuls quelques bouquins de poésie trainent encore, note un correspondant du Monde.

 

 

 

Fin novembre, l'engouement et l'attention de tous étaient saisis par internet. Le maire expliquait en personne que l'établissement, ouvert en 1917, « ne peut plus assumer la pression financière imposée par son propriétaire, qui augmente son loyer de façon colossale. Je suis indigné par ce comportement spéculatif dans un contexte économique déjà très difficile, particulièrement pour les librairies indépendantes ». 

 

La faute à une société immobilière qui réclame, depuis le XVIe arrondissement de Paris un loyer de 800.000 € annuels. Insupportables pour les propriétaires qui ont préféré ne pas lutter. Georges Blanc, âgé de 60 ans, et gérant de la librairie familiale, a décidé de laisser tomber. 

 

Ses employés ne l'avaient pas entendu de cette oreille : réclamant de consulter les comptes, pour s'assurer que la société n'était plus en mesure de poursuivre sa route, ce sont les avocats qui leur ont présenté les preuves de cette mise à mort.

 

Le plus sinistre, c'est probablement le silence du ministère de la Culture, et des politiques, plus largement, qui n'ont toujours pas bougé le petit doigt. La faute à Christine Albanel, qui travaille aujourd'hui chez Orange, société qui reprendra manifestement les murs de l'ancienne librairie ? En association avec un Starbucks, qui proposera le téléchargement de livres numériques sous forme d'extraits, comme cela se fait déjà aux États-Unis ? Peu probable... 

 

Dans tous les cas, Castéla est aujourd'hui vidée de sa substance. Et en dépit du soutien reçu des autres libraires de la ville, comme celui de Christian Thorel, propriétaire de Ombres blanches, la page se tourne. Définitivement. Seul réconfort : l'accord trouvé entre la direction et les employés. 

 

Bien maigre festin...

 

 

http://www.lemonde.fr/livres/article/2012/01/09/on-ne-vendra-plus-de-livres-au-capitole_1627469_3260.html

 

http://www.ladepeche.fr/article/2011/12/16/1241420-librairie-castela-la-guerre-des-nerfs-n-aura-pas-lieu.html