Fin du piratage de livres en Russie ? Amazon prendrait ses quartiers

Nicolas Gary - 20.04.2013

Edition - Economie - Russie - Amazon - livre numérique


Voilà quelque temps que les éditeurs russes attendent désormais que les majors américains s'installent dans le paysage numérique, pour les aider à structurer le marché. Avec 135 millions de roubles de chiffre d'affaires pour 2011, selon les données de Rospechat, et une croissance de 120 % sur les trois dernières années, il semble évident que la demande en ebooks croît.

 

 

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Ssppeeeeddyy, (CC BY-SA 2.0)

 

 

Mais pour l'heure, c'est la question du piratage qui agite les esprits : en mars 2012, les chiffres dévoilaient que le catalogue légal était de 30.000 ebooks commercialisés, contre 250.000 titres disponibles sur le marché du piratage. Or, en juin dernier, la Book Expo America avait permis à plusieurs éditeurs russes de traverser les frontières, pour venir à la rencontre des acteurs américains. 

 

Un observateur nous expliquait alors : « On sait que les éditeurs ont profité de leur présence pour rencontrer Amazon, et d'autres acteurs qui proposent des appareils de lecture et des solutions complètes, avec Reader et ebookstore. Ce que l'on a pu en déduire, c'est que d'ici la rentrée, Amazon pourrait tout à fait sortir une offre en Russie, et cela améliorerait considérablement le marché. La croissance et la demande sont fortes, bien que le marché soit encore très modeste. »

 

Pour l'heure, les deux seuls acteurs présents sur le territoire russe avec une offre de biens numériques étaient iTunes et Google Play - et l'on en trouvait cependant des livres que sur ce dernier. Leur débarquement au mois de décembre 2012 était assez attendu, mais l'arrivée encore trop récente pour voir des incidences réelles sur le marché noir. Et pour une fois, surtout, ce n'était pas Amazon qui ouvrait le bal, mais ses deux concurrents, avec un élément problématique supplémentaire : le cybermarchand ne disposait pas de site internet. 

 

Eh bien selon TecCrunch, citant des sources russes, l'évolution que certains attendaient pour septembre 2012, se rapprocherait finalement. Et dans sa volonté de s'implanter à l'international réellement, le vendeur ferait son possible pour arriver à s'installer en Russie. Un bureau aurait déjà été ouvert, piloté par Arkady Vitrouk, un ancien de ABC-Atticus, groupe d'édition possédé par le baron Alexandre Mamut. 

 

Aucune confirmation de la part d'Amazon, mais l'ouverture de ce bureau serait un signe évident de la volonté d'agrandit le parc de client, akiors que la Russie, selon une étude de ComScore, serait à l'heure actuelle, le plus important marché d'Euroipe, avec une audience de 61,3 millions d'utilisateurs. Le e-commerce y pesait 12 milliards $ en 2012 et pourrait exploser à 36 milliards $ en 2015, selon les analystes. Plus de 400 millions $ ont ainsi été dépensés sur eBay l'an passé.

 

Or, le marché le plus immédiat pour Amazon serait celui du livre numérique, et la poursuite du développement de la lecture numérique dans les BRICs, Brésil, Russie, Inde Chine et Afrique du Sud.

 

Pour l'instant, le site Amazon.ru renvoie simplement aux pages des différents pays européens, mais la commercialisation de l'écosystème Kindle pourrait véritablement jouer un double rôle : d'une part, installer le client dans cette relation d'achat complètement dématérialisée, au travers de l'approche culturelle, et geek. D'autre part, intervenir dans la régulation d'un marché du livre numérique, aujourd'hui clairement aux mains du piratage...