Fiscalité et vente en ligne de livres : les légitimes inquiétudes de Filippetti

Clément Solym - 16.09.2012

Edition - Librairies - Aurélie Filippetti - librairie - Amazon


Le SDLC entend soutenir la prise de position de la ministre de la culture et de la communication sur la concurrence déloyale faite aux libraires nationaux par Amazon sur le marché du livre en ligne. C'est que dans la presse, la veille, la ministre ne s'est pas privée d'attaquer farouchement Amazon, à la différence de son confrère Montebourg, qui aurait plutôt fait des courbettes...

 

 

Xavier Darcos et Aurélie Filippetti

 

 

Tant dans le cadre de la mission Lescure, qui apportera peut-être l'idée de la Taxe Amazon, que dans un effort conjoint pour venir en aide à la librairie indépendante, Aurélie Filippetti avait frappé fort contre le marchand de Seattle. « Il faut travailler sur la fiscalité de ces plates-formes qui utilisent la matière première créatrice. Il est normal qu'elles participent au financement de la création, de la presse... Tout ce qui crée la plus-value qu'elles font circuler sur leur réseau. » (voir notre actualitté)

 

Le Syndicat des distributeurs de loisirs culturels a profité de la pique pour encourager les légitimes inquiétudes de la ministre, considérant « la distorsion de concurrence qui s'exerce dans le domaine de la vente de livres en ligne entre les opérateurs nationaux et Amazon, établi au Luxembourg en raison d'une fiscalité bien plus avantageuse ».

 

Selon le SDLC, Amazon entretient un flou dans la notion de livres neufs, et elle serait « sujette à caution », au point que le revendeur arriverait de la sorte à « vendre des ouvrages très au-dessous du prix défini par l'éditeur ». Évidemment, dans ce cas de figure, on serait en violation de la loi Lang, avec concurrence déloyale. Et le SDLC poursuit : 

 

Les libraires des grandes surfaces spécialisées continuent pourtant à se battre pour maintenir l'exposition de la diversité culturelle éditoriale en investissant dans la présentation de gammes larges en magasin, dans des sites de vente en ligne performants et dans le téléchargement de livres numériques.

La survie de nos entreprises et des emplois qu'elles assurent requièrent des mesures urgentes face aux menaces qui pèsent aujourd'hui sur la vente de livres. 

 

Ainsi, si la ministre souhaite s'engager dans la voie de la régulation fiscale, et imposer à chaque acteur le strict respect des règles de la concurrence, le SDLC ne manquera pas de lui apporter son aide. Le SDLC est composé de Chapitre, Cultura, Decitre, Le Furet du Nord, Starter et Virgin Stores.

 

Devant la foule en liesse, à Nancy, la ministre n'était pas revenue sur ces questions de fiscalité, pour l'inauguration de la fête, Le Livre sur la Place, mais plutôt sur les enjeux d'avenir pour les libraires. « C'est en nous dotant de mécanismes spécifiques - appelons-les "les exceptions culturelles" - que nous avons pu faire vivre un réseau de librairies qui sont devenues les piliers de la diversité. » Son ambition ? Les défendre. Sérieux ? Mais aussi « innover pour ne pas laisser des citoyens en marge du livre, à cause d'inégalités sociales, ou territoriales. Il serait illusoire de croire que le seul numérique pourrait suffire, mais avec la régulation adéquate, il mènera à la démocratisation du livre. » (voir notre actualitté)