Fiscalité, soutien aux bibliothèques, tarifs postaux : l'édition plaide pour la relance

Antoine Oury - 03.09.2020

Edition - International - edition covid - edition relance - edition international


La France présente son plan de relance, mais le monde entier s'interroge sur les perspectives des mois et des années à venir, tandis que la crise sanitaire reste menaçante. L'Union internationale des éditeurs (IPA, International Publishers Association) fait état de quelques mesures qui, mises en place par les gouvernements, pourraient faire la différence, selon l'organisation.

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Dans le monde entier, le secteur de l'édition n'aura pas échappé aux effets de la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19 : l'UIE fait état d'une baisse du chiffre d'affaires allant de 50 à 80 % pour un certain nombre de maisons d'édition, selon les pays. Une étude est en cours auprès des sociétés membres de l'organisation, et de futures données permettront de cerner les problèmes.

La Fédération des Éditeurs Européens (FEE/FEP) avait déjà proposé un petit panorama de la situation, en relevant des ventes de livres au sein des librairies en baisse de 75 à 95 %, en fonction des pays.

L'Union internationale des éditeurs propose d'ores et déjà quelques mesures à mettre en place, dans une communication à destination des différents gouvernements. L'organisation invite ainsi les gouvernements à soulager les libraires dans le règlement de leur loyer, mais aussi à leur accorder plus facilement des crédits d'impôt, ainsi qu'aux structures éditoriales.

Par ailleurs, augmenter le montant des aides aux petites et moyennes maisons d'édition, ainsi que le soutien à l'organisation d'événements autour du livre, permettra d'entretenir l'intérêt pour le livre, ainsi que la pertinence des programmes éditoriaux. Des programmes de soutien à la traduction et à l'export, par l'intermédiaire de subventions, devront aussi être mis en œuvre.

Pour faciliter la vente de livres, l'UIE invite les gouvernements à abolir toutes formes de taxes sur le livre, quel qu'en soit le format, mais aussi à distribuer plus largement des chèques-livres. À ce titre, la distribution des ouvrages imprimés devra être facilitée par la mise en place de tarifs postaux avantageux, une demande récurrente des éditeurs français depuis plusieurs années.
 
L'UIE ajoute à ces soutiens à la librairie et à l'édition une aide nécessaire aux bibliothèques, dans le renouvellement de leurs collections.

Enfin, plus généralement, le secteur de la création sera aidée par des mesures économiques adressées aux auteurs, éditeurs et traducteurs. Et la lutte contre le piratage et la contrefaçon ne pourra pas faire de mal, ajoute l'UIE.

Photographie : Alan Levine, CC BY 2.0


Commentaires
Bonjour,



La question des tarifs postaux est évidemment prioritaire pour l'édition indépendante. Les éditeurs qui livrent par camion via des distributeurs ne connaissent pas ce problème... ou du moins le font supporter par les libraires pour la gestion des retours. Or ce sont ceux-là qui ont l'oreille du Ministère.

Baisser les tarifs postaux pour le livre n'est pas forcément une demande adressée à La Poste, qui est devenue une entreprise privée, avec ses propres règles de rentabilité (je le regrette évidemment, mais c'est un fait).

C'est donc au Ministère de pallier à une différence entre ce qui serait acceptable par les éditeurs indépendants et ce qui est possible pour La Poste (qui ne l'oublions pas, grâce à son passé de service public est encore la meilleure couverture territoriale).

Ajoutons qu'en regard des autres dépenses, cette différence pour l'envoi de livres ne serait pas une somme effroyable... et qu'elle accompagnerait l'émergence d'éditeurs indépendants qui sont la gage de la bibliodiversité.

Mais bon, dans l'interview parue dans Le Monde ce matin, Madame la Ministre se préoccupe des pop-corns dans les salles de cinéma, mais n'a pas un mot pour le secteur du livre. Une image significative de la surdité sur ce sujet qui se reproduit de ministre en ministre.

Hervé Le Crosnier
Soutenir les envois postaux de livres à l'heure des échanges de fichiers numériques, c'est soutenir les maréchaux-ferrants à l'heure de l'automobile vrombissante.



Je ne vois pas pourquoi les impôts financeraient une telle dépense luxueuse quand des enfants mendient dans les rues de Paris. je sais bien que les budgets ne sont pas fongibles, mais le rapprochement des deux (confort de lecture + fierté d'éditeur / survie d'enfants) fait mal au coeur, a fortiori pour combat perdu d'avance.
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