Flammarion publiera le roman de Merot, 'Toute la noirceur du monde'

Lauren Muyumba - 04.05.2013

Edition - Les maisons - Flammarion - Pierre Mérot - Toute la noirceur du monde


La bataille fut longue. Mais Pierre Mérot a finalement réussi à trouver un éditeur qui accepterait de publier son dernier roman. La maison Flammarion avait déjà édité une fiction du même auteur intitulée Mammifères et couronnée du prix de Flore en 2003. Alors pourquoi passer à côté d'un éventuel second succès ?

 

 

 

 

La lueur d'espoir, il la doit d'abord à Jean-Marc Roberts qui voulait faire paraître Toute la noirceur du monde, chez Stock dès septembre. Mais ce dernier est décédé le 25 mars, et le nouveau patron de la maison, Manuel Carcassonne, avait déjà refusé de publier cette oeuvre. Elle lui avait été proposée en 2012, alors qu'il travaillait chez Grasset. Pour l'auteur, le parcours du combattant s'était donc poursuivi après un autre refus des éditions Gallimard.

 

Mérot est connu pour son humour noir, ses trames originales et surprenantes. En 1992 était publié Crucifiction un texte expérimental. Son premier roman était Mammifères. Il écrivit plus tard 'l'Irréaliste' qui dépeint le quotidien d'un homme à la dérive. Dans le même genre, Toute la noirceur du monde a aussi un personnage qui sort des chemins battus et tombe dans une certaine folie.

 

Écrit-on pour plaire ? Telle est la question. Mais Pierre Mérot semble avoir une opinion bien solide en la matière. Il ne craint pas le moins du monde d'aborder des sujets qui peuvent être dérangeants. Dans Toute la noirceur du monde, il aborde les thèmes du racisme, de la violence et de l'extrémisme.

 

Mais la réaction de la PDG de Flammarion, Teresa Cremisi, montre la détermination de la maison d'édition pour la publication de cette oeuvre : « Est-ce une raison valable pour condamner un texte qui est sans équivoque une oeuvre de fiction et ne fait en aucune façon l'apologie de ce qu'il évoque ? Il nous semble que non ». Le communiqué de presse précise également que Teresa Cremisi a fait ce choix : « D'abord parce que la littérature est là aussi pour décrire le réel. Ensuite parce que Pierre Mérot est un écrivain talentueux. »

 

L'amitié entre Jean-Pierre Roberts et la maison Flammarion était aussi là pour encourager les choses. La PDG de la maison emploie sans hésitation ces termes-là dans le communiqué : « Jean-Marc Roberts, notre ami ». Certains y voient même un hommage, car Toute la noirceur du monde était l'un de ses derniers coups de cœur avant son décès.

 

Manuel Carcassonne avait expliqué dans un communiqué qu'il ne voulait pas « publier un texte que je n'approuve pas et ne saurais donc être en situation de défendre. » Qu'est-ce que publier un texte finalement : penser qu'il pourrait plaire aux lecteurs ou s'assurer qu'il plaise à un éditeur ?

 

Sachant que cette fiction traite de la dérive d'un professeur de gauche qui finit par basculer à l'extrême droite, on peut se demander si un lobby politique peut parfois faire pression sur les maisons d'édition. Dans tous les cas, Flammarion indique bien dans le communiqué que le livre devrait sortir en septembre prochain.