Le prix unique en Flandre, problématique pour les bibliothèques

Antoine Oury - 06.07.2015

Edition - Economie - Flandre - bibliothèques - prix unique


L'examen législatif d'un prix unique du livre en Flandre néerlandophone a été enclenché depuis un moment, et les discussions se poursuivent. Si l'opposition de l'enseigne Carrefour à la régulation n'étonne pas vraiment, celle des bibliothécaires prend plus les opérateurs de court. Si les professionnels ne s'opposent pas à une régulation tarifaire, ils souhaitent que celle-ci aille de pair avec des remises plus importantes pour les établissements.

 

Zur Bibliothek

(Andreas Baumgartner, CC BY-SA 2.0)

 

 

Comme le rappelait ActuaLitté, depuis la sixième réforme de l’État en Belgique, le prix unique n’est plus un sujet fédéral. En efet les Communauté ont la possibilité de le mettre en place – une manne pour ces équivalents des Länder allemands. Dans la constitution d'une régulation, la communauté néerlandophone est légèrement plus avancée sur la question, et le ministre de la Culture Sven Gatz a pu prendre connaissance des propositions.

 

Les premières auditions ont eu lieu au Parlement flamand fin juin, et Boek.be, la confédération des associations du commerce du livre, éditeurs et libraires, a défendu une limitation des remises à 10 % dans les six mois qui suivent la parution d'un livre. Pour les écoles, les bibliothèques ou les associations, exceptionnellement, une remise de 15 % serait autorisée. Une fois les six mois écoulés, on repasse à une libéralisation des remises.

 

« Les discussions sont vives au sein de l'industrie », reconnaît Bruno Vermeeren, de l'association de bibliothécaires VVBAD, « beaucoup de bibliothèques soutiennent le principe d'un prix unique, mais souhaitent des remises plus importantes. Les économies que représentent les remises, pour les bibliothèques, sont plus importantes que jamais. » Comprendre : en période d'austérité, le secteur du livre aurait tout intérêt à se serrer les coudes.

 

Mais les montants des remises accordées semblent déjà bien élevés, pour d'autres : « Les remises accordées aux bibliothèques sont hors de contrôle », prévient ainsi Carlo Van Baelen, ancien directeur de la Fondation flamande de littérature.

 

Chez Carrefour, on ne positive pas vraiment, et l'on considère même que les éditeurs se tirent une balle dans le pied en réclamant une régulation aussi stricte. « Les éditeurs nous disent qu'ils ont besoin de nos volumes de ventes pour financer des ouvrages plus modestes », souligne Baptiste Van Outryve, directeur de la communication de l'enseigne en Belgique. Selon lui, le top 20 des best-sellers pourrait essuyer une baisse des ventes de moitié, avec une régulation tarifaire.

 

« Chaque communauté va pouvoir assez facilement proposer sa législation, mais le problème va se poser pour Bruxelles, qui se trouve au croisement des communautés francophone et néerlandophone, même si ces derniers sont moins présents », nous précise-t-on. 

 

(via Metro, Boekblad)