Fleur au fusil, ou Pellerin contre l'optimisation fiscale et les pirates

Nicolas Gary - 03.09.2014

Edition - Société - Fleur Pellerin - ministre Culture - Netflix offre


Pour sa première intervention officielle sur un média, Fleur Pellerin est venue incarner, sur France Inter, son rôle de ministre de la Culture. Remplaçant Aurélie Filippetti dans le gouvernement Valls 2, elle s'est immédiatement dégagée de l'ancienne locatrice de la Rue de Valois. Dans un courrier de démission superflu, la députée de Moselle avait parlé d'un ministère sacrifié, dont le budget avait été mis à mal durant deux années...

 

 

 

 

Il ne s'agissait pas que du seul ministère de la Culture, mais de l'ensemble des administrations françaises, qui ont subi un régime assez drastique, rappelle Fleur Pellerin. Tout en reconnaissant que la rue de Valois « joue un rôle très particulier pour la gauche, parce que la culture a un rôle émancipateur. [...] C'est une politique qui a une place à part ». 

 

L'ensemble des ministères a subi des baisses de budget et « ont été mis à contribution », au cours des deux premières années de mandat, insiste-t-elle. « Je vais essayer de faire en sorte que les ressources soient stabilisées. C'est d'ailleurs un engagement qui a été pris par Manuel Valls », pour les trois prochaines années. Il s'agira aussi, peut-être de mieux dépenser les crédits disponibles. Tout cela sera à définir dans les prochaines semaines.

 

Chose qu'appréciera certainement le PDG de Fnac, Alexandre Bompard, sur la question Neflix, Fleur Pellerin souligne d'ores et déjà les différentes politiques fiscales des États au sein de l'Europe. Sollicité hier par ActuaLitté, le PDG de l'enseigne évoquait les règles fiscales permettant les processus d'optimisation, comme « la plus grande préoccupation de Fnac. Et je poursuivrai dans ce sens, pour que les règles du jeu soient équitables ».

 

Privilégier des pays comme le Luxembourg, les Pays-Bas ou l'Irlande, représente « un choix de rationalité économique », il ne faut pas vilipender les sociétés qui l'opèrent. Au contraire, il faut travailler à l'harmonisation européenne des conditions fiscales, un combat dont le chemin sera encore long. Bien entendu, « les conditions de concurrence ne sont pas équitables » entre les sociétés implantées en France et celles qui s'installent ailleurs. 

 

« Ma préoccupation première, en tant que ministre de la Culture, c'est de faire en sorte que l'ensemble de nos concitoyens ait accès à une offre, une offre légale », et ce, parce qu'il reste important de lutter contre le piratage. Selon Fleur Pellerin, ces solutions, type Netflix, offriront une première alternative à la contrefaçon. Reste à avoir si les acteurs français sauront proposer des solutions hexagonales pour concurrencer l'offre américaine. 

 

L'offre qu'apporterait Netflix serait-elle en mesure d'augmenter la demande globale, en ouvrant plus largement le marché ? Dans tous les cas, l'effort de modernisation de l'exception culturelle française semble bien enclenché. 

 

 


Fleur Pellerin : "Je me battrai pour préserver... par franceinter