Fleur Pellerin : insupportable que l'on "dise que j'ai du mépris pour la littérature"

Nicolas Gary - 26.11.2014

Edition - Société - Fleur Pellerin - mépris littérature - polémique Modiano


En marge de son intervention à la maison d'Aquitaine, la ministre de la Culture, Fleur Pellerin, de retour de Bruxelles, a rappelé quelques évidences. La première d'entre toutes serait que la culture n'a pas vraiment une place de choix dans la politique que la Commission compte mener ces prochaines années. Cependant, les politiques du livre semblent faire consensus, entre les États membres.

 

Contrat Filière livre

Vincent Monadé, président du CNL et Fleur Pellerin, ministre de la Culture

 

 

Que ce soit sous l'angle économique, ou du côté des lecteurs, le livre est considéré par tous comme un enjeu premier. La multiplicité des sollicitations, le manque de temps, tout cela entraîne à perdre les adolescents, notamment, qui « quitte [nt] le livre pour aller s'intéresser à d'autres sujets ». L'enjeu est de faire en sorte « que les enfants continuent de considérer le livre comme un vecteur d'accès à la connaissance, d'accès à l'émotion ». 

 

Deux défis importants, et des priorités qui sont chers à tous, et, souligne la ministre « à moi, ils sont chers ». Et de poursuivre en racontant une anecdote très personnelle : « J'ai appris à lire à quatre ans, parce que je me suis cassé la jambe en passant mon flocon. Je crois, d'ailleurs, que c'est ce jour-là que j'ai choisi entre le sport et la littérature, au profit de la seconde. Et depuis lors, la littérature n'a jamais quitté ma vie. »

 

Évoquant la question de la transmission, en regard de sa propre fille de 10 ans, la ministre insiste : « Tout se joue lorsque l'enfant est très jeune. » De quoi anticiper le Salon du livre de la Jeunesse de Montreuil, qui ouvre ses portes aujourd'hui, autant que la grande fête de la littérature jeunesse que Vincent Monadé, président du Centre national du livre entend mettre en place en 2015, justement avec la directrice du Salon du Montreuil.

 

Bien entendu, l'anecdote n'a rien à voir avec « des polémiques, qui m'ont amusée, puis un peu irritée », mais parce que la ministre tient à le faire savoir : « Je ne supporterai pas que l'on dise que j'ai du mépris pour la littérature, ou que je ne m'intéresse pas aux libraires ou aux éditeurs, ou encore aux auteurs. »

 

Dont acte.