Fleur Pellerin : « La culture ne se laissera jamais intimider par le terrorisme »

Cécile Mazin - 17.11.2015

Edition - Société - Fleur Pellerin - culture France - contre attaque


Sur France Culture, Guillaume Erner recevait la ministre de la Culture, Fleur Pellerin. « Je crois que la culture contre-attaque », affirme la ministre. « Je crois que la culture est plus forte que tout, et ne se laissera jamais intimider par le terrorisme. » L’entretien est à retrouver à cette adresse.

 

 

 

La priorité de la rue de Valois sera d’assurer la protection des lieux de concerts et de rassemblements. À cette fin, la ministre avait réuni les dirigeants d’établissements culturels ouverts au public ce dimanche 15 novembre. Après deux journées de fermeture, les espaces franciliens avaient pu rouvrir leurs portes le 16, à partir de 13 h. 

 

« J’ai rencontré les propriétaires ou gérants de salles de spectacle privé », assure la ministre. Incluant donc salles de concert, mais également théâtres. Les solutions pour assurer la sécurité de chacun sont examinées. Parmi les mesures, « réaffecter des forces de police, de l’armée », ce qui sera « de nature à rassurer » tant les artistes que le public. 

 

Dans l’annonce d’un fonds d’aide pour les salles, deux éléments sont saillants : d’abord la dimension sécuritaire, et d’autre part, « la pérennité économique : il y a des petites salles qui ne sont pas nécessairement assurées pour des annulations ». Ces dernières, plus fragilisées par les attentats et les angoisses du public, feront face à des difficultés en cas de désertion trop importante.

 

« Même si les Français ont cette envie de montrer qu’ils veulent de nouveau sortir, aller au restaurant, au spectacle, il y aura nécessairement un petit temps de réadaptation », poursuit la ministre. Le fonds a donc pour vocation de faire preuve de solidarité, impliquant tous les acteurs, y compris les sociétés de droit d’auteur. D’ici à 48 heures, on connaîtra le montant de l’enveloppe, mais la ministre évoque d’ores et déjà plusieurs millions d’euros.

 

"Les terroristes n’aiment pas le livre : eh bien ouvrons davantage nos bibliothèques. Donnons davantage accès aux bibliothèques."

 

 

Dans son discours devant les parlementaires, le président de la République assurait par ailleurs que « le pacte de sécurité l’emporte sur le pacte de stabilité ». Mais Fleur Pellerin ne voit pas dans les mesures annoncées de risque pour le financement de la culture : le budget est en cours d’examen et aucune modification ne semble prévue. « Il ne faut pas opposer sécurité et culture : mon budget augmente massivement cette année. » 

 

Conformément aux engagements du Premier ministre, le budget du ministère est augmenté « parce que la culture est une contre-attaque massive contre l’obscurantisme et le terrorisme ». De même, aucun risque pour la presse, avec l’instauration de l’État d’urgence : « Il n’en est pas question », affirme-t-elle, même si la législation d’avril 1955 accordait au président de la République la possibilité de contrôler les médias. Mais avec, de surcroît, l’exemple de Charlie Hebdo, il ne saurait en être question, jure Fleur Pellerin. 

 

La révision constitutionnelle pour l’état d’urgence, proposée par le président, servira par ailleurs à maintenir des garanties pour chacun. Les circonstances de l’époque étaient totalement différentes, de même que les actions terroristes sont tout autres. 

 

Pour les enfants et la jeunesse, la ministre considère que l’ouverture plus généralisée des lieux de culture est primordiale. « Les terroristes n’aiment pas le livre : eh bien ouvrons davantage nos bibliothèques. Donnons davantage accès aux bibliothèques. » À une recrudescence du terrorisme, la ministre oppose plus de culture, en somme, « la meilleure des réponses ».   

 


Les Matins / Après les attentats, quelles... par franceculture