"Si Flaubert disait Madame Bovary, c’est moi, la réciproque a rarement été vraie"

Julie Torterolo - 29.06.2015

Edition - Société - Fleur Pellerin - place des femmes - Culture


« Si Flaubert pouvait dire Madame Bovary, c’est moi, la réciproque a rarement été vraie ». Fleur Pellerin s’est exprimée en ces termes ce matin à l’occasion de la Réunion du Comité ministériel pour l’égalité des femmes et des hommes. La ministre de la Culture et de la Communication a fait le point sur la place des femmes dans la Culture en 2015. ​

 

Fleur Pellerin à la BnF

Fleur Pellerin (photo d'illustration, ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

Artistes, élus, directeurs d’institutions culturelles, d’établissements d’enseignement ou encore président de l’audiovisuel public se sont réunis ce matin afin d’échanger et faire progresser l’égalité homme/femme dans les domaines artistiques, culturels et médiatiques. Des écrivaines, notamment Marie Darrieussecq ou Danièle Sallenave, étaient présentes pour l’occasion. L'assemblée forme ce que la ministre a dénommé « un bureau » pour « évaluer notre action et faire le point sur les mesures annoncées et leur avancée », poursuit-elle. Pour rappel, une loi intitulée « pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes » a été adoptée puis promulguée le 4 août 2014. 

 

Si l'on en croit les chiffres communiqués, des progrès ont été réalisés. Les résultats de la 3e édition de l’Observatoire de l’égalité entre les femmes et les hommes publiés en mars dernier font état d’une véritable amélioration. Pour exemple, la part des femmes dans les membres des commissions du Centre national du livre (CNL) est de 50 % en 2014 contre 41 % en 2013. Fleur Pellerin s’est également félicitée de la parité au sein de son ministère. « En un an, nous avons fait passer la part de femmes dans les conseils d’administration de nos établissements publics de 38 % à 50 % en janvier 2015, conformément à la loi de 2014 » souligne-t-elle.

 

« Si nous avons de véritables motifs de satisfaction, ces avancées restent cependant encore fragiles et insuffisantes », poursuit-elle. En effet, certains secteurs laissent à désirer tels que la presse et la publicité ou encore le spectacle vivant. Pour ce qui est de livre, on notera que seuls 30 % des auteurs des 12 principaux festivals aidés par le CNL sont des femmes. De même entre 1900 et 2014, seulement 24 % des 735 lauréats de prix littéraires sont des auteures. Cependant, sur l'année 2014, 46 % des lauréats sont des écrivaines. L’observatoire se réfère à ce qu’il nomme les 13 principaux prix littéraires avec notamment l’Académie Goncourt, le prix Renaudot, le prix des libraires ou encore le prix Médicis. 

 

Face à ces résultats où « de nombreux efforts restent encore à fournir ». Fleur Pellerin propose de créer une association dénommée « Femmes & Culture » qui « serait une sorte de Women’s Forum de la culture, un linkedin culturel autour d’artistes, d’écrivaines, de metteures en scène, d’architectes, de musiciennes, de cinéastes », précise la ministre. Au milieu de références à Simone de Beauvoir et de questions rhérotiques aiguisées, elle conclut : « Permettre aux femmes d’accéder aux plus hauts postes de direction et à prendre toute leur place dans les programmations, non pas parce qu’elles sont femmes, mais parce qu’elles ont du talent, c’est permettre à tous les talents d’éclore. »

 

L'inégalité hommes/femmes dans le monde du livre ne concerne pas uniquement la sphère publique. Selon un rapport du comité des Artistes-Auteurs Plasticiens (CAAP) mis en ligne le 15 mars dernier, la situation est également très inégale s'agissant des artistes-auteurs. Le document, basé sur des données de l'IRCEC et fondé sur les statistiques fournies par la MDA-sécurité sociale et l'AGESSA, concerne les revenus 2011 de ces artistes-auteurs affiliés (c'est-à-dire ceux ayant des revenus supérieurs au seuil d'affiliation). Le revenu moyen annuel des femmes serait alors de 22.000 €, contre 33.000 € pour les hommes. À noter que 50 % des femmes gagnent moins de 13.345 €. Lorsqu'on se penche plus spécifiquement sur le cas des écrivains, les hommes gagneraient 52 % de plus que les femmes. (voir notre article, Entre hommes et femmes dans l'édition, la parité à petits pas)

 


Pour approfondir

Editeur : Karthala
Genre : sociologie faits...
Total pages :
Traducteur :
ISBN : 9782811110499

Mobilites au feminin ; la place des femmes dans le nouvel etat du monde

de RIBAS-MATEOS Natalia et MANRY Véronique

Les femmes sont devenues aujourd'hui, plus que par le passé, les protagonistes de l'émigration transnationale. L'attraction la plus forte est toujours exercée par les pays traditionnels tels les Etats-Unis, le Canada, la Grande-Bretagne, la Belgique, la France et les pays scandinaves, mais aussi par des pays apparus récemment dans la géographie de l'immigration, comme l'Espagne et la Grèce. Mais cette féminisation dépasse largement le cadre occidental. Plusieurs contributions de cet ouvrage l'évoquent également au sujet

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