Fleur Pellerin : renforcer la levée de l'impôt auprès des opérateurs américains

Clément Solym - 16.10.2014

Edition - Société - Fleur Pellerin - Assemblée nationale audition - exception culturelle française


Auditonnée par la Commission des Affaires culturelles de l'Assemblée nationale, Fleur Pellerin est venue « porter le projet culturel du gouvernement ». Crise économique, sociale et morale sont les données du contexte dans lequel la ministre veut s'efforcer de travailler, tout en insufflant « un esprit de conquête à rebours du défaitisme ambiant ». 

 

 


 

 

Repenser l'accès à la culture pour les nouvelles générations sera le premier ordre de marche, et donc, de l'action collective, institutions, collectivités, etc. L'Éducation artistique et culturelle sera parmi les priorités, vis-à-vis des jeunes – un prolongement de la volonté du président de la République, déjà portée par Aurélie Filippetti quand elle était en poste. Cela dit « il n'est pas nécessaire de réinventer des choses qui se font déjà », autrement dit : une mission dressera un inventaire global des opérations en cours.

 

Dans ce contexte, la réforme des rythmes scolaires donne l'occasion d'une concertation avec Najat Vallaud-Belkacem. Une communication interministérielle interviendra prochainement, premier pas dans une perspective de renforcement des liens entre les deux ministères. 

 

Nouveaux usages et nouvelles pratiques étaient également évoqués. Fleur Pellerin évoque les forces créatives contemporaines, notamment dans les évolutions du jeu vidéo et de ses nouvelles narrations, « à la croisée de la littérature et du code ». Les Hackathon, de même que le mash-up, pourraient donc se développer, notamment par le recours aux œuvres du domaine public. 

 

Encourager "le renouveau créatif "

 

« Culture partagée, et même culture participative », avance la ministre, pour qui il devient nécessaire d'encourager chacun à s'approprier la culture française.

 

Sa deuxième étape réside dans le rayonnement du pays. « Ça m'est facile de parler de ça, alors que notre littérature vient d'être consacrée par la plus prestigieuse récompense, le prix Nobel. » Et bien entendu, si la France est en tête des Nobel de littérature, c'est la vivacité de la langue qui doit être pointée. 

 

La fiction, quel que soit son genre, doit être encouragée, et la ministre entend renverser une tendance française, qui accorde plus d'intérêt à la fiction américaine, et non celle que produit le pays. Ce qui implique également d'encourager et stimuler les talents français et « le renouveau créatif », et notamment pas le biais des écoles dont la ministre salue la qualité d'enseignement. « Je voudrais que tous les talents puissent être accompagnés, et que l'on puisse travailler sur de nouveaux grands projets de résidence. »

 

Renforcer l'exception culturelle française passera par une inclusion des nouveaux acteurs américains, pour qu'ils s'intègrent dans les mécanismes de financements de la création, auxquels sont soumis les opérateurs français. « Je crois très important, si l'on veut sauvegarder le budget du ministère de la Culture, d'abord, mais en général la capacité de l'Etat à lever l'impôt. Aujourd'hui, il y a des centaines de millions d'euros, voire des milliards, qui échappent à l'État, c'est absolument anormal et inacceptable. »

 

Comme nombre de pays européens se sont penchés sur la question, la France souhaite obtenir de meilleurs résultats. 

 

 En trois points, voici le programme proposé par la rue de Valois :

  • repenser l'accès à la culture pour les jeunes générations : la ministre a demandé aux directions régionales des affaires culturelles de dresser « un inventaire des projets d'éducation artistique mis en oeuvre par les acteurs de le culture sur l'ensemble du territoire » ; avec la ministre de l'Education nationale, elle va présenter « prochainement en Conseil des ministres » une « feuille de route interministérielle » sur les rythmes scolaires ;
  • renforcer le rayonnement de la France : alors que la culture française est présente à travers le monde – pour preuve, le récent Nobel de Modiano –, Fleur Pellerin veut valoriser ses « atouts » : exporter ses savoir-faire, notamment dans les musées, mieux accompagner la fiction audiovisuelle française...
  • encourager un renouveau créatif : pour cela, il faut consolider le rôle « très important » des 101 écoles d'enseignement supérieur culture ; accompagner la « discontinuité spécifique au travail des artistes et des professionnels de la création » ; ouvrir, enfin, le ministère à de « nouvelles formes de création ».

 

Et la vidéo de l'audition de la ministre.