Fnac et Vivendi : rapprochement stratégique sur le secteur culturel

Joséphine Leroy - 12.04.2016

Edition - Economie - Fnac Vivendi capital économie - Conforama Darty rachat


Le groupe, qui appartient à l’homme d’affaires Vincent Bolloré, continue dans sa stratégie d’acquisitions dans le secteur des produits culturels et dans les médias, avec son entrée à 15 % dans le capital de la Fnac, annoncée lundi 11 avril. La Fnac, qui se présente comme le premier libraire de France, détient 114 magasins, une aubaine pour le groupe Vivendi. 

 

Fnac

(César Caracuel / CC BY-NC 2.0)

 

 

Vivendi a annoncé une participation minoritaire au capital Fnac « dans le cadre d’un partenariat stratégique fondé sur un projet de coopération dans les domaines culturels », peut-on lire dans le communiqué publié le 11 avril par le groupe.  

 

Une coopération stratégique dans le secteur culturel 

 

L’augmentation de capital s’élèvera à 159 millions €, soit 54 euros par action. Le groupe « détiendra 15 % du capital et des droits de vote de Fnac ». Les deux groupes affirment vouloir mettre en place « la mise en valeur des contenus culturels, passant par exemple par des partenariats de distribution », ainsi qu’une coopération « sur la billetterie dans certains pays ».

 

C’est aussi sur le volet international que les deux groupes souhaitent progresser, au moyen d’une « accélération du développement à l’international du groupe Fnac, en particulier en Europe du Sud ainsi qu’en Afrique, où Vivendi est présent depuis plus de 20 ans ». 

 

« L’entrée de Vivendi au capital de Fnac permettra de doter la Fnac de moyens supplémentaires pour mettre en œuvre ses plans de développement et de croissance externe », explique la Fnac dans un communiqué. Vivendi nommera deux administrateurs au Conseil d’administration Fnac.  2015 a été une année plutôt positive pour le groupe, qui a enregistré une croissance de ses bénéfices à hauteur de 48 millions € (+16,7 %) et une stabilisation approximative de ses ventes (3,87 milliards €), comme on peut le lire dans les résultats annuels communiqués par le groupe. 

 

C’est aussi la suite logique d’une suite d’investissements stratégiques entrepris, ces derniers mois, par Vincent Bolloré, en Europe comme en France : le groupe était monté au capital de l’opérateur Telecom Italia, de l’éditeur jeux vidéo Ubisoft et avait fait une OPA sur Gameloft, la société sœur d’Ubisoft. Il faut ajouter à cette liste un nouvel « accord stratégique » avec le groupe Mediaset, propriété de Silvio Berlusconi. 

 

Pour la Fnac, le rachat de Darty est toujours possible 

 

Par ailleurs, la décision prise par les groupes Fnac et Vivendi suit la tentative de rachat de Darty : la Fnac avait de fortes chances de s’incliner devant l’offre de Conforama. La Fnac a demandé à Darty de ne pas accepter cette contre-offre tout de suite : « Conforama s’est engagé dans son Accord de Coopération avec Darty à maintenir son Offre ouverte pendant au moins 60 jours à compter du 11 avril 2016, aussi longtemps que l’Offre est recommandée et n’est pas devenue ou n’a pas été déclarée non-conditionnée aux apports. » 

 

Le distributeur conclut : « Fnac étudie actuellement sa position et recommande vivement aux actionnaires de Darty de ne prendre aucune décision concernant leurs actions à court terme. »

 

Récemment, la Fnac avait annoncé son entrée au capital d’Izneo, plateforme de BD numérique, à hauteur de 50 %. « Nous sommes convaincus que l’accès à notre formidable clientèle fan de BD, la puissance de notre site Web et de nos magasins, notre expertise technique et commerciale seront des points d’appui fondamentaux pour accélérer le développement d’Izneo », avait déclaré Coralie Piton, Directrice de la Stratégie et Directrice du Livre de la Fnac. 

 

Distribution numérique... et autopublication bientôt ?

 

Si l’on parle de distribution numérique, l’idée que Fnac puisse développer des solutions autour de l’autopublication refait alors surface. Rappelons que Vivendi Universal avait une branche Publishing voilà encore quelques années, avant qu’elle ne soit revendue au groupe Lagardère. Remettre un pied dans ce qui est le secteur le plus dynamique – l’autopublication – serait également une solution pour que Fnac dispose enfin de sa propre solution de commercialisation d’ebooks indépendants. 

 

Jusqu’à présent, Fnac est partenaire de Kobo pour ce qui est des appareils et de l’ebookstore, avec une offre consituée du catalogue d’ebooks traditionnels, mais également de titres publiés sur Kobo Writing Life. Cette solution maison pour les auteurs indépendants ne peut-elle pas donner des idées à Fnac ?

 

ActuaLitté n'est pas parvenu à joindre Fnac pour obtenir plus de précisions.