Fonds de catalogue, nouveautés : tout réimprimer pour la TVA future ?

Clément Solym - 17.11.2011

Edition - Justice - TVA - hausse - librairies


L'un des petits soucis soulevés chez les éditeurs, suite à la hausse annoncée de la TVA à taux réduit, concerne en grande partie les actuels stocks. Pour le moment, les livres sont imprimés avec un prix façade présentant une TVA incluse de 5,5 %... mais quid une fois le 1er janvier 2012 passé ?


La question est importante, alors qu'en 2010, le Syndicat national de l'édition annonçait un chiffre

d'affaires de 4,2 milliards €. En somme, une hausse de la TVA ferait donc passer à 1,5 % supplémentaire, soit des revenus de l'ordre de 60 millions € pour l'État.

 

Une somme qui n'a l'air de rien, en soi, et dont certains n'hésitent pas à dire qu'elle est toute symbolique. Voire même que l'édition pourrait, comme toutes les autres professions, participer à l'effort national, nécessaire pour le salut des finances publiques. Le livre est déjà trop cher, en général, oui, mais pourquoi, après tout, ne pourrait-on pas considérer que c'est la crise pour tout le monde ?

 

Admettons.

 

Sure les revenus moyens d'une maison, on considère que la moitié est générée par les ventes de nouveautés sur l'année, tandis que le fonds représente l'autre partie. Un fond qui est estampillé avec une TVA réduite. De là, question, parmi d'autres : que faire pour les livres qui sont déjà commercialisés avec un prix de 20 €, par exemple, et qui ne présentent donc qu'une TVA de 5,5 % ?

 

 

S'il faut tout réimprimer, on ne s'en sortira jamais pour arriver dans les temps avec une échéance fixée au 1er janvier 2012. Tout bonnement impossible.

 

L'alternative, discutée, est de ne faire passer que les nouveautés qui sortiront à compter du 1er janvier 2012. Mais dans ce cas, il faudrait diviser par deux le montant des recettes pour l'État : 60 millions €, avec une TVA à 7 % pour les nouveautés, et 5,5 % pour le fonds. Complètement schizophrénique.

Mais pas impossible.

 

Cela dit, les professionnels préféreraient ne pas en arriver là et voir tout simplement le gouvernement Fillon reculer sur cette mesure.

 

Encore le plus simple, effectivement.

 

Pour Francis Combges, de l'association des éditeurs indépendants : « À brève échéance, cela va entraîner des difficultés de trésorerie pour les libraires, et les éditeurs, notamment les éditeurs indépendants qui ne roulent pas sur l'or. Non seulement nous ne connaissons pas d'éditeur indépendant qui ait récemment pu augmenter son salaire de 170 %, mais, en vérité, la plupart d'entre eux ont vu au contraire leurs revenus baisser ces dernières années.


Cette façon de frapper le livre à la caisse, pour renflouer la finance, nous en dit long sur l'attitude des dirigeants actuels à l'égard de la culture et de l'éducation, dont on nous dit par ailleurs que c'est une priorité.
"