Fonds de catalogue : Print on Demand, ebooks, une nouvelle vie possible

Clément Solym - 06.10.2009

Edition - Société - fonds - catalogue - print


Des livres à 4 $. Soit 2,72 € pour un bouquin. Nous avions eu l'occasion d'en parler avec un lecteur dans une librairie : « Les livres sont trop chers », nous disait-il. Il est vrai qu'une grande partie des ouvrages que nous chroniquons sont envoyés gracieusement par les éditeurs, mais la réalité est autre. Un livre entre 15 et 25 € pour une première édition représente une somme importante. « Je n'achète que des poches », nous expliquait cet amateur. Alors l'industrie peut-elle vivre grâce au format poche ?

Sans aller à remettre en question la loi Lang qui fixe un prix unique, il est des vérités qu'il ne faut pas dire : il paraîtrait que certains fonds de catalogue chez les éditeurs croupissent sans que plus aucun livre ne soit vendu. Et que tout ce fonds ne passe pas en poche. Alors, il se vend moins encore. Outre-Atlantique, outre-Manche, des solutions, pas forcément enviables, existent : on peut brader les livres, effectuer des ristournes. Mais il est un format qui, malgré les efforts de quelques-uns (l'offre de Publie Net, encore jamais égalée en France, par exemple), mériterait plus encore d'être réévalué.

Oui. Le numérique.

Dans une tribune assez libre de ton, le magazine Huffington Post clame et revendique des livres à 4 $. Pourquoi ? Parce que les ouvrages sont trop chers, dans l'ensemble, et que si le nombre de personnes sachant lire a augmenté, les ventes de livres n'ont pas crû en parallèle. Smashwords reprend alors l'idée : des ouvrages numériques à 4 $. Et pourquoi pas, justement, des fonds de catalogue ? Pourquoi ne pas expérimenter l'impression à la demande avec un fonds qui aujourd'hui dort tant et si bien qu'il donne l'impression du Dormeur du val de Rimbaud : il est mort.

Smashwords recense 20 % de ses titres gratuitement téléchargeables, ce qui représente 80 % des téléchargements réalisés sur le site. Alors pourquoi pas des livres à 4 $ ? Personne n'a besoin de fumer d'opium pour proposer un tel prix. Peut-être cette solution semble-t-elle plus simple à mettre en place pour un auteur autoédité. Mais quid alors des ces dizaines, centaines, milliers de livres qui n'ont plus de place en librairie et qui resteront en attente, un jour, d'une nouvelle solution ?

N'est-ce pas pour des raisons similaires que Hachette a signé avec Lightning Source, afin de faire revivre en impression à la demande des ouvrages de son fonds de catalogue ? Évidemment, pour ces ouvrages imprimés, le tarif de 4 $ est illusoire : les coûts de distribution reviennent à la charge, bien que ceux de stockage disparaissent : on n'imprime que ce que l'on vend... Mais dans le cadre d'ebooks. Numériser un livre, puis le vendre à un tarif très abordable, n'est-ce pas là une manière de lui donner une nouvelle chance de toucher un autre public, plutôt que de le cantonner à moisir dans le meilleur des cas sur un disque dur ?

Ne faut-il pas réfléchir à la chose, avec un peu plus de ferveur ?