Fonds de soutien : Les Britanniques s'inspirent de la librairie française

Julien Helmlinger - 06.06.2013

Edition - Librairies - Royaume-Uni - Librairies - Fonds de soutien


Messieurs les Anglais, tirez les seconds ? Tandis qu'en France la délicate situation des libraires interpelle si bien que gouvernement et éditeurs se mobillisent, les détaillants britanniques en appellent à leur tour à une action gouvernementale. L'enjeu invoqué par les détaillants de livres : opposer résistance au géant Amazon, le « destructeur de librairies ». L'an dernier outre-manche, ce sont non moins de 73 enseignes indépendantes qui ont mis la clé sous la porte, ce qui ramène le nombre total de librairies britanniques au nombre de 1028, contre 1535 en 2005. Une diversité dynamitée.

 

 

Brodway Bookshop

 

 

Le directeur général de la Booksellers Association, Tim Godfray, a rappelé que le taux de fermeture des librairies britanniques est supérieur à une échoppe par semaine. Et la principale menace pointée, et tenue pour cause des faillites à répétition, n'est autre que l'expansion effrénée d'Amazon. Il estime que si le phénomène se poursuit, éditeurs et agents littéraires ne seront pas à l'abri.

 

Et monsieur Godfray, dont l'association représente près de 1000 libraires britanniques, s'exprimait après que notre ministre Aurélie Filippetti ait dénoncé, depuis Bordeaux, le fait que la firme américaine cherchait à se constituer un « quasi-monopole » aux dépens des boutiques traditionnelles.

 

Comme le rapporte Jan Howe, propriétaire du Broadway Bookshop dans l'est londonien : « Nous avons vraiment besoin que le gouvernement fasse quelque chose pour protéger les librairies indépendantes. Nous sommes le cœur de la communauté. [...] Si le gouvernement veut garder tout type d'intégrité, dans n'importe quelle ville, ils ont à soutenir les petites entreprises. Ce serait vraiment merveilleux s'ils ont pris connaissance de ce que tente la France. »

 

Et Philip Jones, le rédacteur en chef de The Bookseller, de regretter que si le livre est visiblement considéré comme de haute valeur culturelle en France comme en Allemagne, ce ne serait pas le cas au Royaume-Uni. Comme un appel du pied adressé à la secrétaire d'état locale en charge de la culture, des médias et du sport, Maria Miller.

 

Pour mémoire, la ministre de la Culture a promis la mise en place de deux fonds de soutien, de 5 et 4 millions, pour simplifier l'accès au prêt bancaire et à la transmission. À ces montants se sont ajoutés les 7millions € proposés par les éditeurs, et dont l'Adelc aura la responsabilité, et une nouvelle enveloppe de 2 millions, confiés et sanctuarisée, avancée par le CNL...

 

Ah, oui : on trouvera également un médiateur, dont la nomination doit intervenir en 2014.