Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

medias

Formation des librairies francophones : aider à professionnaliser le métier

Cécile Mazin - 16.03.2017

Edition - Librairies - librairies francophones formations - Afrique Europe librairies - Aise Pacifique librairies


Pour les libraires francophones à travers le monde, les nécessités en termes de formations passent par des impératifs distincts. Depuis les déclarations d’Audrey Azoulay concernant les aides à la reprise d’établissements francophones, en novembre 2016, les structures bénéficient de nouveaux soutiens. Mais la professionnalisation doit également se structurer.

 

librairie La Source, au Tchad

 

 

L’Association internationale des libraires francophones a mené auprès de ses membres une étude réalisée en 2016. Depuis une douzaine d’années, l’organisme propose des formations à l’étranger, mais il devenait nécessaire de faire évoluer l’offre, en regard des attentes et besoins. Le catalogue Libraires francophones, formez-vous !, résulte par ailleurs des conclusions tirées de l’enquête.

 

Gestion, animation, assortiment... tant de sujets

 

Un échantillon de 58 libraires du réseau a pris part à l’enquête, avec trois constats qui ressortent :

 

1/Dans certaines sous-régions, des thématiques claires ressortent et peuvent légitimer une rencontre ; c’est le cas en Afrique subsaharienne et dans le monde arabe (deux zones ou le taux de réponse est le plus important). Il faudra repréciser auprès des libraires selon les thématiques, les publics ciblés cependant.

2/Certaines thématiques comme la gestion de stock, la gestion financière ou la vente sont évoquées à la fois comme thématiques de rencontre et difficultés dans l’exercice du métier.
3/Les compétences à développer vont de la création d’un site à la conception d’une sélection thématique ou de mise en place de partenariats. On voit là que ces compétences transverses complètent les besoins de formation.

 

Au niveau des demandes formulées, les libraires souhaitent disposer de séminaires (79 %) ainsi que de rencontres interprofessionnelles (65 %), autant que de formations propres (65 %) ou à destination des employés (58 %). On évoque ainsi : la gestion de stocks (71 %), l’animation (68 %), l’assortiment (63 %), la vente (59 %), la gestion financière (54 %).

 

Librairie Zadig : la culture française au coeur de Berlin 

 

Ils sont 74 % à souhaiter une formation à court terme en 2017. Parmi les difficultés techniques évoquées ; celles liées à la gestion des stocks (29 %), gestion financière (20 %) continuent de rester prioritaires suivies de difficultés au niveau de l’informatisation de la librairie (11 %), de la communication (11 %) puis dans une moindre mesure (pour moins de 10 %) du classement et de la vente.

 

Plusieurs difficultés sont relevées avec en axe principal la complexité des procédures d’importations, de même que le manque de commandes publiques locales. La situation socio-économique des différents territoires intervient bien entendu, et le contexte économique joue un rôle important. Les libraires mettent en avant la concurrence déloyale au niveau local, et plus loin, celle du livre numérique.

 

Selon les régions, les besoins divergent. En Afrique ce sont des séminaires d’un côté avec 78 % ou des rencontres interprofessionnelles (65 %) puis la formation du personnel qui ressortent (69 %). Premières thématiques pouvant faire l’objet d’une rencontre interprofessionnelle (avec d’autres acteurs culturels) : l’animation sous forme d’échange d’expériences (91 %). La vente (82 %) pouvant alimenter une session de formation pour le personnel derrière l’assortiment et le classement (69 %).

 

La Source, librairie au Tchad : “L’industrie du livre est un rouleau compresseur” 

 

Pour le monde arabe, ce sont les rencontres interprofessionnelles qui seraient privilégiées avec 73 % des libraires de cette zone qui semblent en demande sur des sujets (gestion de stocks et vente) plus adaptés à des sessions de formation qu’à des rencontres interprofessionnelles.

 

En Amérique du Sud, les libraires mettent en avant d’un côté les rencontres interprofessionnelles, de l’autre une formation du personnel et deux thématiques plutôt destinées à des dirigeants : l’animation et la gestion de stocks.

 

En Europe, comme en Amérique du Sud, séminaires et formation du personnel seraient à privilégier, mais les thématiques fort diverses allant de la gestion de stocks à la gestion financière en passant par l’assortiment et le classement méritent une deuxième vague d’enquête pour identifier la thématique et le public à cibler en priorité.

 

En Océan Indien, la vente fortement demandée pourrait être abordée en session collective via une formation puis via des accompagnements.

 

Enfin, en Asie, tous les formats pourraient convenir aux libraires dès lors que les sujets s’articuleraient autour de la gestion de stocks et de l’aménagement. L’intégralité de l’étude est disponible en PDF.

 

Adapter les offres de formations à chacun

 

Tous les libraires ne formulent pas les mêmes souhaits quant à la formation, aussi l’AILF a souhaité proposer différentes formules, thématiques, formats et lieux.

 

Formation collective « sur mesure » à l’étranger pouvant répondre aux besoins d’employeurs ou d’employés, sur les thématiques de leur choix, mais avec la nécessité de fédérer plusieurs librairies localement.

 

Modules de formation à Paris, en collaboration avec l’INFL, programmés en amont et en aval des salons du livre jeunesse de Montreuil et Livre Paris, et portant sur les thématiques Gestion des stocks – Animation et Communication — Assortiment

 

Accompagnements individualisés in situ dans des librairies à l’étranger, permettant ainsi de focaliser la formation et le conseil sur les besoins spécifiques d’un libraire, notamment s’il est en phase de restructuration, développement ou évolution de son projet.

 

Formation à distance, en collaboration avec l’INFL, pour des libraires dispersés géographiquement qui auraient des besoins en formation communs. Un programme spécifique de formation par internet (type visio-conférence) serait alors mis en place.

 

Une formation longue, organisée par le BIEF et le CNL, en alternance une année sur deux avec le séminaire des libraires francophones, dans le cadre de laquelle l’AILF apportera toute sa connaissance des spécificités du métier de libraire francophone à l’étranger.

 

À Londres, la librairie La Page fait vivre la francophonie 

 

Le catalogue de formation sera officiellement présenté au cours du Salon du livre de Paris, le 26 mars prochain, au Centre national du livre. Au cours de cette présentation, seront exposées les solutions pour obtenir des aides permettant d’accéder à des formations – à distance, individualisées, mais également en formation longue, etc.

 


Retrouver toute l’actualité de la librairie francophone dans le monde