Forum Fnac Livres : la Fnac veut créer l'événement

Nicolas Gary - 02.09.2016

Edition - Economie - Forum Fnac livre - Jonathan Franzen Gaël Faye - prix roman fnac


Pour la 15e édition du Prix du roman Fnac, les petits plats étaient mis dans les grands. D’abord, parce que la récompense saluait un auteur particulièrement prisé, dont le roman, Petit pays, est simplement excellent. Ensuite, Fnac a décidé de créer sa propre manifestation littéraire : le Forum Fnac Livres. Et dans ce contexte, la remise du prix prenait une tout autre ampleur.

 

Gaël Faye, lauréat du prix roman fnac 2016

 

 

« Nous lançons aujourd’hui un nouvel événement culture, qui prendra place dans ce lieu chargé d’histoire, ce lieu formidable [Le Carreau du temple, NdR] », annonçait Alexandre Bompard, PDG de Fnac. Une manifestation évidemment « dédiée au livre, aux auteurs. Il sera l’occasion d’une rencontre, d’échanges entre ceux qui font la littérature et ceux qui l’aiment ».

 

Une ambition « en droite ligne », poursuit-il, pour l’enseigne « fidèle [...] à son amour pour le livre ». Et de poursuivre : « Aimer le livre, c’est aussi aimer les auteurs, aimer les célébrer et c’est l’objet même de ce prix du roman Fnac. » Revendiquant « l’indépendance et l’impartialité » de la récompense, Alexandre Bompard se tourne alors vers le lauréat, dont « on a l’impression qu’il a été inventé pour la Fnac : il est multitalent, c’est un musicien, c’est un auteur, un compositeur, il a signé des albums dans des collectifs, en solo et c’est un formidable auteur ». 

 

Jonathan Franzen “ça, c'est vraiment classe

 

Pour accueillir Jonathan Franzen, c’est Christophe Ono-dit-Biot, directeur adjoint de la rédaction du Point qui était aux commandes. Facétieux, le journaliste taquine le PDG de Fnac : « C’est un très beau prix Alexandre, mais, au fond, c’est facile. Trouver un lauréat quand on a 400 libraires dans le jury, 400 adhérents, donc 800 lecteurs totalement affûtés, franchement c’est facile. Trouver le bon lauréat, le livre de la rentrée : Faye. Mais là où vraiment vous excellez [...], c’est de trouver un remettant comme Jonathan Franzen. Et ça, c’est vraiment la classe. » 

 

Et d’embrayer : « Jonathan Franzen c’est l’un, ou le plus grand romancier américain. Donc du monde. » On a pu déceler dans l’assistance quelques sourires gênés et d’autres interloqués... Plus grand au monde, « parce qu’il sait, avec ses mots, nous emmener dans la tête des gens [...] qui incarnent la décadence du monde occidental ». 

 

L’intervention de Jonathan Franzen se porta principalement sur quelques considérations générales autour de Donald Trump, d’Amazon et des libraires.

 

Le roi de la soirée, Gaël Faye, n’a pas tenu rigueur à Jonathan Franzen de lui avoir un peu volé la vedette. « J’étais encore dans ma petite ville de Kigali, au Rwanda, j’ai atterri hier, et tout cela était il y a longtemps. Et là vous êtes concrets, face à moi... J’ai besoin de digérer, j’écrirai un livre pour vous raconter tout cela... ce sera le prochain. »

 

Quant au Forum, son organisation a manifestement plu, de même que la disposition à l’intérieur du carreau. Au cours de la soirée, une indiscrétion nous tombe dans l’oreille : 

 

 

 

Certes, Fnac avait été partenaire de Livre Paris, anciennement Salon du livre de Paris, mais avec la création de son propre salon, l’enseigne semble avoir apporté ce que les professionnels demandaient. D’ailleurs, le PDG n’avait, dans son discours, pas manqué de remercier chaleureusement les éditeurs qui avaient suivi avec enthousiasme Fnac dans son projet de forum.

 

Selon nos informations, Fnac attend pour ces trois journées de littérature quelque 15.000 personnes. Quant au prix du roman Fnac, déjà décerné à un ouvrage paru chez Grasset l’an passé, La septième fonction du langage, de Laurent Binet, il a permis à ce dernier de s’écouler à près de 137.000 exemplaires, selon Edistat... Prometteur, et plus encore, pour Petit pays.

 

Retrouver un extrait de Petit Pays de Gaël Faye