France : 2,8 milliards € de CA pour l'édition, en 2011

Clément Solym - 05.07.2012

Edition - Les maisons - SNE - chiffres de l'édition - année 2011


Pour le Syndicat National de l'Édition, l'année a été bonne : dans son rapport d'activité, L'édition en perspective, le SNE se félicite d'une augmentation de ses adhérents de 50 % en 5 ans, pour atteindre aujourd'hui les 600 éditeurs sous sa houlette. Les revenus des éditeurs ont légèrement baissé, tandis que le livre numérique pèse désormais 2 % dans leur chiffre d'affaires.

 

Évolution 2010-2011 à périmètre constant (source : Statistiques Nationales de l'Édition)



Dans son texte liminaire au dossier, Christine de Mazières, déléguée générale du SNE, met l'accent sur la « mobilisation exceptionnelle de la profession pour promouvoir le livre », après avoir rappelé quelques points forts de l'année passée, qu'il s'agisse d'une « campagne de publicité en faveur de la librairie » menée  avec le SLF, l'Adelc et le CNL, ou du dévoilement du baromètre SOFIA-SNE-SGDL. Fait notable, il n'est fait aucune mention de l'accord-cadre Google/SNE sur la numérisation des oeuvres indisponibles. En même temps, il n'existe pas... (voir notre actualitté) À l'inverse, parmi « les grandes dates du syndicat », on trouve encore les traces des actions en justice contre Google.


Mais revenons aux chiffres : le livre reste le premier bien culturel en France, loin devant tous les autres, y compris le jeu vidéo. Le chiffre d'affaires des éditeurs a subi une baisse de 1,2 %, due aux ventes mais rattrapée par les cessions de droits. La production est encore en inflation, avec 41.902 nouveautés pour l'année 2011.





Le livre numérique ne pèse pas assez pour bénéficier d'un tableau à lui tout seul : selon la page utilisée comme source, son poids dans le chiffre d'affaires des éditeurs varie entre 2 % (page 37) et 1% (page 73). En fait, comme nous l'explique Florence Faget, chargée de mission au SNE, les 2 % additionneraient livres numériques « physiques » (c'est-à-dire vendus sur CD, DVD, USB) et livres numériques « en ligne » (téléchargements, lectures en streaming), tandis que le seul pourcent ne représenterait que les ebooks en ligne. Toutefois, nous précise Mme Faget, « la répartition entre les deux n'est pas strictement égale ». On arrondit, donc.

 

Au final, en 2011, les ebooks en ligne représentent 2/3 des achats, contre 1/3 pour les numériques physiques (vous suivez ?). Soit une inversion, logique, entre 2010 et 2011 : « Ainsi, le livre numérique sur support physique, en recul à 21,5 millions d'euros (- 38,5 % ), est dépassé pour la première fois par le livre numérique en ligne, qui double ses ventes à 34,8 millions d'euros (+ 98 %), représentant 1,2 % du chiffre d'affaires de l'édition en 2011 ». Les revenus générés sont en hausse, avec 56,8 millions € contre 52,9 l'année précédente (+7,2 %).

 

 

 

 

Antoine Gallimard, encore président du SNE au moment de la sortie du dossier (il a depuis été remplacé par Vincent Montagne, voir notre actualitté) évoque dans son introduction les points chauds du numérique, et notamment la défense du patrimoine face aux « partisans d'un hyper-libéralisme » : s'il évoque le contrat d'édition numérique et les discussions avec le CPE, il passe sur son échec total. (voir notre actualitté)