France 2025 : les projets d'Aurélie Filippetti pour la Culture

Nicolas Gary - 19.08.2013

Edition - Société - Aurélie Filippetti - France 2025 - patrimoine culturel


Ce 19 août, les ministres de retour de la trêve estivale, ont rendez-vous avec le président de la République et le premier ministre. Le thème de la rencontre : la France en 2025, ou que sera le pays dans 12 ans. Un exercice qui relève autant de  la dissertation complexe que de l'uchronie. Un brin d'anticipation, pour attaquer la rentrée ?

 

 

 

 

Les différents ministres devaient remettre leur copie ce lundi, lesquelles allaient être examinées à l'occasion d'un séminaire qui se conclura à la mi-journée. L'objectif annoncé est simple : « Préparer la France dès aujourd'hui à relever les défis qui seront les siens dans dix ans, à travers un diagnostic mettant en exergue ses forces et ses faiblesses. » Et pour les 37 membres du gouvernement, le cahier de vacances aura donc prix la forme de cet exercice de politique anticipative.

 

Poursuivre l'action menée depuis un an

 

Du côté de la rue de Valois, Aurélie Filippetti réserve, nous explique-t-on, « la primeur des annonces au président et au premier ministre ». Toutefois, la ministre de la Culture  a établi son plan de route : « Nous voulons nous inscrire dans ce qui a été fait depuis un an, et donner une vision de la France pour les années à venir. » Le défi premier est celui du vieillissement des publics : « La jeunesse est au coeur de nos priorités. Il faut accompagner le renouvellement des publics, car les générations actuelles, qui ont accompagné le développement culturel sont aujourd'hui âgées. » 

 

Les côtés tant artistiques, que numériques ont déjà fait l'objet de nombreuses annonces. À ce titre, le grand projet culturel de François Hollande pourrait tout à fait se tourner vers l'éducation artistique. Début août, un conseiller de l'Élysée expliquait : « Un des grands axes du quinquennat, c'est l'éducation artistique et culturelle, essayer de développer pour les lycéens, les collégiens, les écoliers, des parcours dans lesquels ils puissent avoir un contact avec des artistes, ça, c'est un projet. »

 

Dans cette continuité, le ministère veut éviter l'écueil « d'un non-renouvellement des grands lecteurs par exemple, ou d'un abandon des concerts classiques ». Alors, certes, le numérique est une donnée essentielle dans cette réflexion. « Personne ne peut dire si nous allons passer d'une culture de l'imprimé à une culture du numérique aujourd'hui. » Cependant, le ministère n'entend pas attendre que la décision s'impose.

 

Retour sur le plan d'aide à la librairie

 

Pour la rentrée, plusieurs conférences de presse sont prévues, avec en ligne de mire « certains grands acteurs qui accaparent des domaines précis ». À ce titre, si la jeunesse sera bien le levain de l'humanité, l'accompagnement des professionnels s'inscrit directement dans l'approche de France 2025. « Le plan d'aide à la librairie compte parmi ces projets de développement, dans la constitution d'une offre numérique pour différents publics, et une volonté de démocratisation de l'offre culturelle. »

 

Au mois de mars, durant le Salon du livre de Paris, Aurélie Filippetti parlait d'améliorer la compétitivité sur le moyen terme des librairies, et s'engager sur une solidarité globale, tout en accompagnant le secteur dans la transition vers la vente en ligne et celle de livres numériques. Le 3 juin, c'est le président du Syndicat national de l'édition, Vincent Montagne qui dévoilait un fonds de 7 millions € pour les libraires, confié à l'ADELC. Une « une dynamique de solidarité », qui octroierait des prêts à taux zéro, notamment pour le développement d'outils web pour la vente.

 

Un autre point central concerne la politique européenne, ou comment « promouvoir les contenus, livres, musique, jeux vidéo, cinéma, etc., tout en s'organisant autour de règles communes ».   

 

Repérer les futurs grands talents

 

Rien de plus précis n'est encore communiqué par Valois, mais on nous assure que les semaines prochaines seront bien remplies. « Pour le livre, c'est le renforcement de la vente de livres papier ou numérique, selon les modes de lecture, que nous voulons encourager. » Et c'est d'ailleurs là l'un des pans du plan d'aides aux libraires, dévoilé début juin par la ministre, à l'occasion des Rencontres nationales de la librairie de Bordeaux.

 

Mais si le ministère s'intéresse au renouvellement des publics, il n'en est pas moins sensible à celui des créateurs. « Ce sont les deux volets d'une même médaille, et à ce titre, le ministère dispose d'un important réseau, que ce soit dans les écoles artistiques, d'architecture, ou aux Beaux-Arts, permettant de repérer les futurs grands talents. » S'intéresser aux nouveaux auteurs, et encourager la création comptera parmi les grandes lignes du projet.

 

Car c'est une valorisation du patrimoine, dans tous les sens du terme, que le ministère entend proposer. « Cela implique de prendre en compte l'importance de la culture dans l'économie. Nous avons un pays attractif, doté d'un patrimoine pluriel, et c'est en synergie avec d'autres ministères que nous travaillerons à sa valorisation. »

 

Notons aussi que dans dix ans, le projet ReLIRE devrait être arrivé à son terme.