France : Amazon 'Le coût du transport, c'est mon loyer.'

Nicolas Gary - 10.10.2013

Edition - Economie - Amazon France - gratuité des frais de port - remise de 5 %


De nouveau, Romain Voog, président d'Amazon France intervient, pour dénoncer l'acharnement dont la société américaine est victime. Depuis l'adoption en première lecture, à l'Assemblée nationale d'une loi visant à interdire le cumul de la gratuité des frais de port et la remise de 5 % pratiquée sur les livres, Amazon ne décolère pas. « Nous sommes la cible d'une minorité, mais plébiscités par les clients », assure-t-il dans un entretien accordé au Dauphiné.

 

 

Amazon UK

Sean MacEntee, CC BY 2.0

 

 

Rappelant qu'Amazon réalise 70 % de ses ventes sur des livres d'un an et plus, Romain Voog revendique le fait qu'Amazon permet à tout un chacun d'accéder aux livres, en palliant l'absence de librairie. « De plus, peu de gens le savent, mais 25 % des livres vendus en France ne sont vendus que sur Internet. Pour 25 % des livres vendus, les gens paieront plus cher », promet-il. Mais encore faudrait-il définir ce que peuvent être ces ouvrages...

 

Contestant l'incidence qu'Amazon pourrait avoir sur la librairie, il cite les conclusions d'un rapport du Syndicat de la librairie française : loyers, charges, offres des grandes enseignes et retours de livres invendus à la hauteur de 20 %. Ces différents points sont bien plus menaçants qu'Amazon, qui n'aurait, selon lui, pris de parts de marché que « chez les vendeurs par correspondance et les clubs de livres ».

 

On ne s'étonnera pas que sur la question du coût que peut avoir la gratuité des frais de port, le président botte en touche, assurant qu'il ne sait pas quel peut être la valeur de cette offre. Et d'ajouter : « Moi je n'ai pas de loyer, mais j'ai des frais de port. Le coût du transport, c'est mon loyer. »

 

Avec quatre plateformes logistiques installées en France, la dernière en date à Lauwin-Planque, dans le Nord, Amazon assure ne pas craindre les critiques, notamment suite au livre de Jean-Baptiste Malet, En Amazonie. « Je n'ai pas de commentaire à apporter, si ce n'est qu'Amazon porte une attention très forte à l'environnement de travail de ses employés. Parlez-en avec eux. Nous avons une volonté de transparence. » Les entrepôts seraient ouverts à la visite, assure le président.

 

Quant aux relations entre Amazon et le fisc français, Romain Voog rappelle que la procédure pour un redressement de 200 millions € est en cours. Avec un siège social basé au Luxembourg, Amazon paie sa TVA sur les produits physiques vendus en France, justement à l'État français. « L'an dernier, nous avons collecté et reversé 150 M€ de TVA. Une société comme Amazon fait des marges très faibles, comme toutes les sociétés de distribution. Au niveau mondial, on est à l'équilibre, on ne fait pas de profit. »