medias

France : Application pour auteur, flashcode, l'édition expérimente

Clément Solym - 30.06.2010

Edition - Société - application - flashcode - numerique


« C'est assez, dit la baleine, je me cache à l'eau... » Non, le numérique ne fait pas peur en France. Non, les outils marketing d'internet ne sont pas dénigrés. Simplement, on reste circonspect. Depuis quelques mois, deux maisons ont choisi des orientations bien différentes pour approcher internet et l'iPhone, Le serpent à plumes et Héloïse d'Ormesson. Explication et décryptage...

Au Serpent, on a opté pour le flashcode, à la manière d'un Dialogue, qui s'en sert pour permettre le téléchargement d'un livre en version numérique. (voir la séance de piratage en direct, et l'explication de Charles Kermarec.)

Un p'tit coin d'abribus, contre un morceau d'flashcode

Le principe au Serpent est bien plus simple : sur toutes les quatrièmes de couverture, on trouve ce petit code à scanner avec son smartphone, et qui renvoie directement vers le site internet de la maison. Nathalie Friszman, éditrice au Serpent, parle d'une idée venue des transports publics. « C'est en prenant le bus que l'idée a germé. Je voyais dans les abribus des flashcode, et en lisant un dépliant sur l'utilisation de cet outil, j'ai pris les renseignements auprès d'une société spécialisée pour en faire apparaître sur nos quatrièmes de couverture. »


Cela dure depuis avril, et renvoie sur la page du Serpent, une adresse blog spot. Difficile dans ces conditions de savoir quel est le trafic généré par ce flashcode. « Tous nos livres en sont maintenant pourvus. Nous avions commencé avec le livre de Tony Curtis, Certains l'aiment chaud. »

Concrètement, cela permet de renseigner le smartphoneur connecté sur les publications de la maison, et les actualités. Pour le moment, le livre numérique n'est pas développé dans la maison, mais Nathalie envisage déjà d'autres possibilités pour ces flashcode, dont elle ne nous parlera pas : personne n'est encore au courant dans sa propre maison. « C'est avant tout un élément supplémentaire pour communiquer sur nos parutions, notre maison. En fait, je vois plutôt cela comme une passerelle vers nos ouvrages. »

Application, ton univers impitoyable...


L'autre méthode, choisie par Héloïse d'Ormesson, c'est celle de l'application iPhone. « On est venu nous trouver pour réaliser l'application pour Tatiana de Rosnay. C'est une auteure ultra connectée, via Facebook, Twitter... Une application dédiée faisait sens pour elle », nous explique Gilles Cohen-Solal. Par contre, on entretient quelques doutes sur la pertinence de ce type de produits pour d'autres auteurs...

« On trouve 250.000 applications iPhone, alors en faire développer une de plus... Je reste plutôt prudent, raisonnable et circonspect sur le sujet. Pour un auteur d'envergure, c'est une idée intéressante. Mais pour celui qui est peu ou moyennement connu, c'est une perte financière. » Le développement d'une appli coûte en effet cher, « et cela sert avant tout à montrer à son auteur que l'on fait des efforts pour lui, mais je ne crois pas du tout à un retour sur investissement pour ce type de fonctionnalités ».


Quant à communiquer via une application dédiée pour la maison, pas la peine d'y penser. « L'éditeur compte pour 1,7 % dans les intentions d'achat. Alors oui, certains vont bien taper Gallimard, parce que c'est la maison d'édition prestigieuse, mais communiquer sur notre maison par ce biais, c'est idiot. »

De toute manière, Gilles n'est pas homme intéressé ni convaincu par le livre numérique. « Vous parlez au plus jeune des vieux éditeurs... Ce truc de télécharger un livre, ce n'est pas naturel, ça ne me parle pas. D'ailleurs, si l'iPad avait tout révolutionné dans le domaine, on aurait des chiffres qui parleraient... Or, on n'en a pas. »

Une solution intermédiaire fut celle choisie par le Diable Vauvert, de proposer une application qui allie tout à la fois lecture, actualités et vente en librairie, avec gélocalisation... (en savoir plus)

Dans tous les cas, finalement, les expérimentations sont à l'oeuvre...



Commentaires

Pas de commentaires

Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.