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France : goûts, choix et préférences, portrait du lecteur de romans

Clément Solym - 08.03.2017

Edition - Société - lecture romans France - Lecteurs romans France - livre lecture français


ÉTUDE – Où en sont les Français avec la lecture ? Une étude réalisée entre juillet et août 2016 auprès de 1548 personnes vient de porter quelques premiers résultats. L’enquête portait précisément sur la lecture de romans, les temps de la lecture, et les freins que l’on peut rencontrer aujourd’hui.

 

Livres dans une boîte à pizza

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

Si l’étude pointe que l’échantillon est avant tout celui de personnes « qui s’intéressent la littérature », c’est que 26,6 % des répondants sont de très grands lecteurs – un roman par semaine. Dans l’ensemble, 73,7 % des répondants lisent au moins 6 romans par an.

 

Parmi les conclusions que l’étude avance, « les gros lecteurs de romans ne lisent pas forcément beaucoup de livres non fictionnels et vice-versa ». De même, 50 % des répondants assurent regarder la télévision au moins une heure par jour, et 86 % surfent sur le net sur la même durée quotidienne. L’hypothèse d’une concurrence entre lecture de roman, d’ouvrages non fictionnels, d’internet et de télévision ne semble alors pas se justifier. Aucun des trois autres loisirs ne vient cannibaliser la lecture de romans.

 

En revanche, on observe que cette dernière est corrélée négativement au niveau d‘études et à l’habitat. Les urbains seraient en effet moins enclins à la lecture de romans que les plus ruraux, selon l’étude.

 

Le temps de lecture et les temps de la lecture

 

Sans trop de surprise, les vacances sont le moment privilégié de la lecture de romans, que ce soit pour les hommes ou pour les femmes. « La lecture dans les transports en commun qui paraît si courante à Paris arrive largement en dernière position », indique l’étude.

 

« Les grands lecteurs de romans lisent davantage que les autres dans tous les cas, sauf durant les voyages en train ou en avion. Les personnes plus âgées, elles, lisent davantage le soir et pendant le week-end, mais moins dans les transports en commun. Enfin, plus on vit dans une grande agglomération et plus on lit durant les transports, mais le temps passé à lire le soir et pendant les week-ends décroît avec la taille de l’agglomération. »

 

Quant aux freins vis-à-vis de la lecture, ils sont assez simples à analyser. D’abord, ils semblent assez faibles, en regard de la population sollicitée, mais se repèrent avant tout par le prix trop élevé des ouvrages, et le manque de temps. Le fait de préférer d’autres loisirs n’intervient qu’en troisième position. Le manque de romans intéressants aujourd’hui vient ensuite. D’ailleurs, cette répartition concerne aussi bien les grands lecteurs que les petits – bien que, pour cette dernière catégorie, les freins à la lecture soient plus importants.

 

Quant aux grands lecteurs, s’ils se plaignent du prix, c’est justement parce que ce loisir peut finir par leur coûter cher.

 

Chose intéressante, les sondés ne considèrent pas que la lecture de romans puisse être assimilée à une image d’intelligence : on ne lui reconnaîtrait pas de vertus culturelles spécifiques.

 

Les trois moteurs de la lecture peuvent alors intriguer : évasion et détente sont citées en premier lieu, puis viennent l’apprentissage, et enfin la projection dans les personnages. Le quatrième point sera l’amour du style.

 

Mais quels types de romans sont alors lus ? En priorité des ouvrages de littérature générale, puis du noir/policier/suspens et enfin des romans d’aventures. L’historique prend la 4e place, la science-fiction vient ensuite, puis la jeunesse et enfin la fantasy.

 

Prescripteurs, recommandations et choix de lectures

 

« Dans l’ensemble, l’éditeur ne semble pas jouer un rôle très important dans le choix des lecteurs : pas de préférence particulière pour les grands éditeurs, encore moins pour les éditeurs prestigieux, mais l’auto-édition n’attire pas non plus les lecteurs », note l’étude.

 

En lien avec une autre étude récemment proposée, il semble que l’attrait pour les adaptations cinématographiques ne draine pas particulièrement un intérêt chez les lecteurs.

 

Et enfin, papier ou numérique ? D’abord, il faut considérer que les lecteurs apprécient des ouvrages de longueur moyenne, en priorité – 46,6 % voir plutôt longs, à 44,9 %.

 

« La préférence pour les livres papier semble être encore très ancrée dans les préférences de nos répondants, avec une préférence pour les e-books dans l’ensemble très faible : les gros lecteurs sont ceux qui préfèrent le plus les ebooks et les livres longs, alors que les lecteurs plus âgés sont ceux qui accordent le moins d’importance à l’esthétique de la couverture. Il se pourrait que les lecteurs les plus âgés soient davantage habitués aux couvertures standard qui étaient la norme il y a encore deux décennies. »

 

Les choix des lectures sont également passés en revue. L’importance des conseils donnés par les proches est première, suivie par l’avis d’autres lecteurs, enfin, ceux des journalistes littéraires que l’on peut consulter sur internet. Les – rares – recommandations que peuvent faire les auteurs n’ont pas beaucoup d’incidence, et radio et télévision n’ont finalement que peu d’influence. 

 

La présence d’un post sur un livre à travers le réseau Facebook n’est que très peu engageante et, comme toujours, le prix littéraire est le dernier critère d’achat – même si le Goncourt reste le plus prescripteur d’entre tous.

 

L’ensemble de l’étude, menée par Marco Caramelli, sera prochainement diffusé sur ActuaLitté.