France : Hachette et Editis “tentent de contrôler la diffusion et la distribution”

Antoine Oury - 17.06.2019

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Le ministère de la Culture publie l'édition 2019 des Chiffres clés de la culture et de la communication, qui étudient en détail les habitudes culturelles des Français, mais aussi les dépenses des ménages en la matière. Le rapport relève le faible développement du numérique pour le livre, mais aussi la tendance persistante à la concentration, avec deux acteurs particulièrement impliqués...

Hachette Livre - Frankfurt Buchmesse 2015
(photo d'illustration, ActuaLitté, CC BY SA 2.0)


Les Français et la culture, une histoire qui dure : le rapport du ministère de la Culture, signé par le département des études de la prospective et des statistiques (DEPS), remarque l'attachement réel des Français à une culture « ouverte et de plus en plus hybridée ». En guise d'exemple, les auteurs de l'étude évoquent l'émotion mondiale et nationale soulevée par la destruction de la cathédrale Notre-Dame de Paris, connue et reconnue à travers le bâtiment, mais aussi une variété d'œuvres, des livres de Victor Hugo au dessin animé des studios Disney.
 

Musées, sites patrimoniaux et internet très prisés


L'étude souligne à ce titre une hausse des dépenses des ménages pour les musées et sites patrimoniaux (+ 2 %), qui témoigne d'un intérêt croissant pour le patrimoine et l'histoire culturelle. « Les sorties dans les lieux de spectacle vivant progressent en 2017, tout comme les dépenses que les ménages français consacrent à ce poste (+ 6 %) », indiquent encore les auteurs.

Sortir de chez soi, certes, mais la culture se pratique aussi à domicile, grâce à internet : 89 % des Français de 12 ans et plus l'utilisent, et 8 Français sur 10 se connectent quotidiennement. Sur le réseau, les internautes consultent peu de livres, toutefois : la croissance n'est que de 6 % pour la lecture de livres sur internet, entre 2011 et 2019.

La diversité des œuvres disponibles a été considérablement aidée par internet, note le rapport, mais, paradoxalement, le réseau aboutit à une concentration des consommations, au bénéfice des œuvres placées dans les « tops » et au détriment de celles qui restent plus méconnues. « Une plus large offre dans l’univers numérique ne s’accompagne donc pas toujours d’une plus grande variété des œuvres lues, écoutées, vues », soulignent donc les auteurs.
 

Économie de la culture, économie du livre


Malgré cet engouement, le poids économique direct de la culture, « mesuré à partir de la valeur ajoutée des différentes branches culturelles, ne progresse plus depuis 2013 et s’est stabilisé autour de 2,3 % de l’ensemble de l’économie », relève le rapport. À ce titre, le poids des secteurs de l'imprimé, presse et livre, a baissé de manière continue depuis le début des années 2000, contrairement à d'autres secteurs, dont l'audiovisuel et le jeu vidéo.

Le nombre d’actifs dans ces secteurs de l'imprimé a d'ailleurs chuté de 25 % depuis 2009, mais ils restent les premiers employeurs du monde de la culture, avec 116.800 actifs.

Dans les secteurs culturels de la musique, de l'audiovisuel ou du jeu vidéo, la part de chiffre d'affaires numérique représente désormais près de la moitié du total, et compte énormément dans la croissance des ventes. Pas vraiment pour le livre : en 2017, la part du chiffre d’affaires issue du format numérique atteint 6 % pour le secteur du livre, avec un taux de croissance de 10 % pour les revenus du livre numérique en 2017.
 
On l'aura compris, le numérique ne bouleverse pas encore l'industrie du livre : à l'inverse, le rapport relève des phénomènes de concentration dans plusieurs secteurs culturels et notamment dans l'industrie du livre. Ainsi, peut-on lire, « la filière est dominée depuis plusieurs années par Hachette et par Editis qui rachètent un certain nombre de maisons d’édition à mesure qu’elles percent sur le marché, et tentent de contrôler la diffusion et la distribution, dans un contexte où les plates-formes de vente en ligne gagnent malgré tout chaque année des parts de marché ».

Des logiques de maîtrise de la chaîne du livre, de bout en bout, qui s'expriment à travers le développement de la distribution et de la diffusion chez Hachette, et l'activité d'Interforum du côté d'Editis. Rappelons que ces groupes appartiennent eux-mêmes respectivement à Lagardère et Vivendi, dont les intérêts vis-à-vis du secteur du livre et des médias sont puissants...

L'intégralité des chiffres-clés à cette adresse.


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