France : L'édition en recul pour 2012, dans un climat de confiance

Julien Helmlinger - 27.06.2013

Edition - Les maisons - SNE - Assemblée générale - Edition


Ce jeudi 27 juin, le Syndicat national de l'édition (SNE) présidé depuis 2012 par Vincent Montagne, représentant non moins de 670 maisons françaises, a tenu son assemblée générale dans les salons de l'hôtel parisien Lutetia. L'occasion propice à un discours du président de l'organe professionnel, ainsi que la publication des statistiques annuelles 2012 de l'industrie. Si la consommation générale des ménages a été en berne, le chiffre d'affaires net de l'édition aura été de 2,771 milliards d'euros, soit une baisse de 1,2 % en valeur, et de 2,1 % en volume, avec 441 millions de livres écoulés.

 

 

 

 

Tout au long de l'année, l'industrie a publié 86.000 titres, la moitié étant constituée de nouveautés. Le Français moyen en aura quant à lui acheté en moyenne 6,7 livres annuels. Les marchés en hausse concernent les  sciences humaines et sociales, la jeunesse et la bande dessinée. Celui de la littérature générale, qui représente le quart du chiffre d'affaires de l'édition, reste stable. La fiction affichant dans l'ensemble une progression supérieure à l'édition de savoir.

 

Le livre reste le premier des marchés culturels

 

En dépit de la baisse du pouvoir d'achat des ménages, le livre reste considéré comme un bien dont le prix demeure accessible, d'une bonne qualité, et qui serait principalement en vogue au moment des fêtes. La littérature jeunesse pèse 13,4 % du marché du livre, pour 20 % du nombre des exemplaires vendus. Le livre de poche, en hausse de 1,4 %, représente 13 % des ventes, pour un quart des exemplaires écoulés.

 

Le numérique représente désormais 3 % du chiffre d'affaires de l'édition, soit 81 millions €, ramenés à 2,4 % et 70 millions si l'on exclut les ebooks sur support physique (CD, clés USB). Un montant représenté à 70 % par une offre destinée au marché professionnel. Les achats de livres numériques sur internet, passés par le grand public, ne pèsent que 0,9 % du marché global du livre.

Tandis que le chiffre d'affaires a diminué, les droits d'auteur versés par les éditeurs ont quant à eux néanmoins progressé de 2,4 % en 2012, dans une atmosphère qualifiée d'embellie des relations entre maisons et auteurs. 437 millions € de droits ont été reversés, ce qui correspond à 9,6 % du chiffre d'affaires de l'édition.

 

Discours optimiste du président et projets d'avenir

 

Au fil d'un discours aux résonnances positives, le président Vincent Montagne a pointé la résistance de la première des industries culturelles en France, rappelant que « derrière le livre, il y a des gens ». Un maintien attribué à l'action collective du SNE et des éditeurs ayant concrètement contribué à une solidarité active de la chaîne du livre, depuis les auteurs et jusqu'aux libraires. L'édition n'aurait pas lésiné sur les prises de risques dans le cadre de son adaptation aux nouveaux enjeux.

 

Et une dernière année riche en événements, avec notamment l'accord passé entre les éditeurs et les auteurs, au printemps, témoin d'un renouvellement de confiance, visant à adapter le contrat d'édition à l'ère du numérique. Les obligations des éditeurs envers les auteurs en ressortent renforcées, et ce, tandis que la durée des droits et l'unicité du contrat sont maintenues.

 

 

 

 

Une signature accompagnée, début juin, par l'appel à contributions volontaires des éditeurs en faveur de la librairie via l'Association pour le développement de la librairie de création (ADELC), lancé par le SNE. « Il revêt une signification très forte », selon Vincent Montagne, « pour préserver la densité et la qualité du réseau de librairies en France ».

 

Des initiatives renforcées par nombre d'autres  projets soutenant la lecture. Ont ainsi été évoqués les Petits champions de la lecture, jeu auquel ont participé 15.000 élèves de CM2. Mais aussi la publication de la première base de données d'œuvres indisponibles, « ReLire », prochainement numérisées, qui devrait permettre au grand public de retrouver l'accès à de nombreux titres de littérature et de sciences humaines du siècle dernier.

 

Toute une dynamique collective que le SNE entend poursuivre. À travers la valorisation des métiers de création et d'édition, le développement des offres de prêt numérique en bibliothèques, et l'amélioration des services rendus aux adhérents.