France : l'industrie du livre, balayée d'un vaste regard – et d'un revers

Cécile Mazin - 22.03.2015

Edition - Economie - étude industrie livre - chiffres usages lecture - vente livres France


Décidément très à la pointe, en cette période de Salon du livre et de fête de la francophonie, le gouvernement décide de passer par une infographie pour faire comprendre à nos compatriotes le marché du livre. Heureuse initiative, qui s'appuie sur les récentes études qu'ont présentées les professionnels du secteur. 

 

 

« Les Français et la lecture, l'industrie du livre, le livre numérique : découvrez, à l'occasion du Salon du livre, les chiffres du livre, un modèle français qui fonctionne. » Voici donc ce modèle qui fonctionne, en quelques chiffres. 

 

Mais ce même modèle qui fonctionne ne doit pas faire oublier que de profondes brisures existent : la marche des auteurs, parent pauvre de la chaîne du livre, hier sur le Salon du livre de Paris en est un excellent exemple.

 

De même, l'infographie gouvernementale oublie avec soin que la direction générale des médias et industries culturelles, DGMIC, du ministère de la Culture a fait apparaître que la surproduction allait bon train, l'année passée. Avec 68.200 nouveautés, soit près de 2000 de plus qu'en 2013, la course-poursuite n'en finit pas.

 

Depuis 2007, le chiffre d'affaires de détail des ventes de livres baisse régulièrement (- 1,2 % par an). Les explications les plus communément admises vont de la crise économique à la baisse de l'investissement des Français dans la lecture, aussi bien en termes de temps que d'argent. Si la rentabilité se maintient, les revenus des auteurs sont en baisse...