France : la vente de livres en librairie recule au profit d'internet

Antoine Oury - 27.06.2019

Edition - Economie - vente livres librairie - france edition distribution - france edition chiffres


Les ventes de livres, en 2018, ont baissé par rapport à 2017, avec une diminution estimée à 4,88 % : différents facteurs expliquent ce léger recul, dont les mouvements sociaux et une rentrée littéraire qui n'a pas fait recette. Du côté des points de vente, la librairie perd du terrain face à internet, tandis que les grandes surfaces spécialisées affichent la plus forte croissance.
 

Librairie La Manoeuvre - Paris Xie
(photo d'illustration, ActuaLitté, CC BY SA 2.0)


L'institut Gfk a étudié de près les différents points de vente au détail : il en ressort que la librairie reste le premier circuit de distribution de livres en France, pour un marché évalué à 3,63 milliards € en 2018. Cependant, la librairie de 1er niveau [les 700 à 1300 clients les plus importants des éditeurs et diffuseurs, NdR] représente 24,5 % des ventes au détail, en baisse de 2 %.

La hausse de 1,8 % attribuée aux librairies de niveau 2 et aux ventes sur internet est majoritairement le fait des commerçants en ligne, note l'institut Gfk. À l'inverse, « l’agrandissement du parc de magasins et l’ouverture de grandes surfaces spécialisées (GSS) à proximité des centres-villes ont profité aux ventes de livres sur ce circuit » : la stratégie multicanale de ces acteurs a payé, en permettant aux lecteurs de commander sur internet et de retirer en magasin.

La baisse du poids des grandes surfaces alimentaires dans les ventes de livres, une constante depuis des années, s'élève en 2018 à 4,9 % : cependant, ces lieux restent l'endroit où des clients très fidèles effectuent tous leurs achats d'ouvrages, souligne Gfk.

La distribution de livres en baisse

La diffusion/distribution traditionnelle est le principal canal de vente des ouvrages des éditeurs (75,7 %). Le second canal est celui de la vente par correspondance (incluant les commandes par internet) avec 12,6 % du total. Viennent ensuite les ventes directes aux grossistes et détaillants (6,8 %), puis les ventes clubs (2 %), les ventes directes aux collectivités et administrations (1,1 %) et les autres canaux (1,8 %).

L’activité de distribution de livres est en baisse de 3,70 % en valeur et de 2,69 % en volume en 2018, par rapport à 2017.



Le flux « Aller », qui correspond au transport des ouvrages depuis le centre de distribution vers les points de vente (librairies, grandes surfaces culturelles, hypermarchés, etc.), est en baisse en 2018, et suit une tendance constante depuis plusieurs années. Il est en moyenne de 202.900 tonnes par an sur la période 2015-2017.
Le flux « Retour », lui, correspond aux ouvrages invendus qui sont retournés au distributeur. Le taux de retour, qui s'est stabilisé en 2017, atteint 24,8 % en moyenne.




En moyenne, 29.800 tonnes de livres sont destinées au pilon, soit un taux de 14,7 % du flux aller, note le rapport du SNE, un taux stable depuis deux ans. 100 % des ouvrages mis au pilon partent au recyclage, entièrement géré par la filière, assure le syndicat. 

En moyenne, près de 17.400 tonnes de livres sont réintégrées dans le stock des distributeurs chaque année, soit un taux de 8,6 %. Ces ouvrages peuvent être refaçonnés ou restaurés pour une mise en vente ultérieure. Enfin, environ 3153 tonnes de livres par an en moyenne sont rendues à l’éditeur, soit un taux de 1,5 %, qui peut choisir de les vendre à un soldeur ou de les pilonner.


Dossier : Ventes, production, cessions... Les chiffres de l'édition 2018-2019


Commentaires
Je soutiens les librairies indépendantes mais je suis déçue par certaines qui ne jouent pas le jeu et ne mettent pas à l'honneur les bons ouvrages, les ouvrages très appréciés par les lecteurs. Pour citer rien qu'un exemple : les ouvrages appelés souvent péjorativement "terroirs" certaines librairies (pas toutes heureusement) s'en désintéressent complètement et ne les ont même pas en rayon. Alors, on peut comprendre que certains lecteurs commandes sur Internet. Les grandes surfaces ont des rayons bien achalandage et le terroir figure comme il se doit dans le rayon littérature française tout simplement. Elles reçoivent également beaucoup ces auteurs là en dédicaces. C'est très important pour nous tous lecteurs et les auteurs.
Ce que je découvre dans l'édition en France est fort inquiétant... Bref trop d'éditeurs sont de véritables escrocs et trop de journalistes sont corrompus... Exemple: Un séjour offert pour parler d'un livre... La plupart des nouveaux livres sont bourrés de fautes et ils sont tirés comme des photocopies à prix très bas (moins de 4 euros en moyenne)
bonjour, il manque des choses dans votre article : 4% de baisse, c'est compte-tenu des livres scolaires. Ensuite, la surproduction continue d'année en année, donc il est normal que les ventes en pâtissent, il y a beaucoup trop de parutions et quand on s'est "fait avoir" une fois par, par exemple, un prix littéraire très médiocre, on ne recommence pas. Ensuite, quelle bibliothèque n'a pas vu ses crédits d'acquisition baisser ? C'est un peu lassant de lire tout le temps et partout cette soi-disant vérité (dont les élus se servent d'ailleurs pour baisser les crédits cités ci-dessus) ; "la vente des livres papier baisse au profit d'internet". Et le prix des livres, qui en parle ? Merci pour tous vos articles le plus souvent très intéressants !
Cool enfin la part d'Internet dans les ventes ; donc ça râle pour seulement 12,6% alors qu'il semble que la vraie menace vient plus des FNAC que d'Amazon pour les librairies (un peu/beaucoup d'anti-Américanisme primaire faut croire).



D'ailleurs pourquoi pleurer que sur les libraires alors que les magasins de Jeux Vidéo ou les Videoclubs sont plus gravement touchés, ce sont des passeurs de Cultures eux aussi...
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