France : Le secteur culturel pesait 104,5 milliards € en 2011

Nicolas Gary - 03.01.2014

Edition - Economie - impact de la culture - économie de la France - industries culturelles


Les ministères de l'Économie et des Finances et de la Culture ont reçu de l'inspection générale des finances et de l'inspection générale des affaires culturelles une étude portant sur l'incidence économique des industries culturelles. De quoi faire bomber le torse en période de crise alors que le secteur culturel a pesé pour 104,5 milliards € en apports directs et indirects... en 2011.

 

 

 

 

Les activités culturelles représentaient en 2010 : 57,8 milliards € de valeur ajoutée, soit 3,2 % du PIB, ainsi que 670.000 personnes employées, soit 2,5 % de l'emploi actif. Jeu vidéo et mode sont par ailleurs des secteurs particulièrement propices à l'export. « L'étude confirme également que le numérique a profondément bouleversé les chaînes de valeur de l'économie culturelle, avec une captation d'une part de la valeur ajoutée par les plateformes numériques chargées de l'intermédiation entre les créateurs et les consommateurs (Apple, Google, Amazon, etc.) », concluent les ministères dans un communiqué conjoint. 

 

Les soutiens publics sont estimés à 13,4 milliards €, répartis en 11,1 milliards € de crédits budgétaires, 1,4 milliard € de dépenses fiscales et 0,9 milliard € de taxes affectées. Évidence s'il en est, les différentes manifestations locales que soutiennent les collectivités culturelles ont des retombées économiques sur les territoires. Raison pour laquelle « les deux ministres soulignent l'importance des interventions publiques pour conforter, dynamiser et renforcer la place et la compétitivité du secteur de la culture dans notre économie ». 

Deux secteurs sont particulièrement investis par une intervention publique structurante, équivalant à peu près à 30 % de la production : l'accès à la culture et aux savoirs (bibliothèques, archives, enseignement culturel) et l'audiovisuel (soutien aux entreprises et, pour le public, redevance audiovisuelle et compensation du manque à gagner publicitaire en prime time).

À l'opposé, quatre secteurs sont faiblement impactés par l'intervention publique, qui équivaut à moins de 1 % de la production : les arts visuels (marché de l'art, design, photographie), le livre, l'architecture (hors écoles d'architecture) et les industries de l'image et du son. Entre ces extrêmes, l'intervention publique se situe dans une fourchette intermédiaire pour quatre secteurs, impactés à l'équivalent de 5 à 7 % de la production : le cinéma, le patrimoine, la presse et le spectacle vivant.

 

Le secteur du livre représentait en 2011 5,5 milliards € courants et constants en valeur ajoutée, alors qu'entre 1995 et 2011, les prix ont évolué de 7,1 %. (rapport établi par Serge Kancel, inspecteur général des affaires culturelles)

 

 

 

 

« Le caractère ‘disruptif' du numérique bouleverse de manière transversale tous les secteurs culturels analysés », pointe le rapport, dans lequel on ne trouvera, chose assez normale, aucun élément touchant au livre numérique. Le marché en 2011 était plus que balbutiant - attendu que deux ans plus tard, il n'est guère très avancé...

En modifiant les technologies, le numérique transforme en profondeur les usages et les modes de consommation des produits culturels. La multiplication des plateformes de consommation culturelle (ordiphones, tablettes, télévisions connectées) offrent aux consommateurs de nouvelles expériences (nomadisme et ubiquité de la consommation dématérialisée, programmes en trois dimensions) et élargissent les choix disponibles (délinéarisation des contenus, accès à une offre mondiale).

Cette évolution des modes de consommation influence le format (programmes plus courts, séries) et le contenu des produits culturels (par exemple, développement des casual et social games au détriment des jeux AAA).

 

Or, une part de la valeur ajoutée s'en trouve captée par les plateformes numériques chargées de l'intermédiation entre les créateurs et les consommateurs (Apple, Google, Amazon...), les mettant en position de force pour attirer les ressources publicitaires et pour imposer leurs conditions aux créateurs.

La part de la culture dans la valeur ajoutée a régulièrement augmenté (à prix constants) entre 1995 et 2005 où elle atteignait 3,5 % pour reculer depuis cette année.

La baisse de 0,3 point observée depuis 2005 peut avoir diverses origines propres à certains secteurs : évolutions structurelles de la masse salariale ou des marges commerciales, baisse des prix des équipements technologiques grand public, effondrement du secteur de la musique enregistrée, mutations en profondeur du lectorat (presse et livre), captation d'une part de la valeur par des acteurs (notamment numériques) hors périmètre strictement culturel et/ou non français, crise économique à l'œuvre depuis 2008...

 

 A retrouver, les deux rapports :