Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

France : quels livres sont achetés en librairie ?

Antoine Oury - 26.06.2017

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L'institut d'étude de marché GfK a révélé, aux Rencontres nationales de la librairie de La Rochelle, les résultats d'une grande étude consacrée au marché du livre français et à la librairie. L'occasion de détailler quels livres sont achetés en librairie, selon les catégories, les tirages ou les tendances passagères de l'édition.


Librairie Decitre à So Ouest
(photo d'illustration, ActuaLitté, CC BY SA 2.0)


En 2016, la littérature générale représente 30 % du chiffre d'affaires de la librairie, en valeur, devant les livres pour la jeunesse (16 %), les bandes dessinées (15 %), les sciences humaines et techniques (12 %) et les loisirs/vie pratique (9 %). Sans surprise, littérature générale, BD et jeunesse connaissent des hausses, contrairement aux sciences humaines et techniques. Les loisirs restent stables.

Dans les différents circuits, littérature générale et jeunesse ont un poids considérable pour les GSA, les sciences humaines et techniques ainsi que les loisirs se distinguent sur internet. Les GSS sont assez équilibrées dans la structure de leur chiffre d'affaires, avec une légère dynamique sur la jeunesse. Rappelons que littérature générale, jeunesse et BD tirent toujours le marché du livre, depuis plusieurs années.

La librairie reste un acteur majeur sur plusieurs segments de marché, en valeur, remarque GfK, comme la littérature générale (43 %), l'histoire (51 %), les BD, mangas et comics (43 %), les beaux-arts (55 %) et les sciences humaines et techniques (48 %).

Parmi les tendances de l'édition, on compte bien entendu les romans young adult, qui ne touchent pas que les jeunes adultes et dans lesquels GfK inclut Harry Potter, Hunger Games ou encore Divergente et Nos étoiles contraires : la part de marché des librairies pour ces ouvrages est estimée à 36 % en 2016.

Pour les livres de coaching personnel et les feel good books — la frontière entre les deux est parfois ténue — la part de marché des librairies atteint 32 %, contre 61 % pour les romans graphiques (GfK cite les collections La petite bédéthèque des savoirs chez Le Lombard et Sociorama chez Casterman).

Pour un quart des nouveautés de l'année 2016, les librairies ont représenté au moins 2/3 de leurs ventes, ce qui confirme leur importance pour les catalogues des éditeurs. Plus révélateur encore, la part de marché des librairies pour les titres vendus de 1 à 49 exemplaires et de 50 à 999 exemplaires atteint respectivement 47 et 48 %, puis décroît au fur et à mesure des chiffres de vente (40 % pour 1000 à 9999 exemplaires, 36 % de 10.000 à 99.999 ex., et 33 % à plus de 100.000 exemplaires vendus).

Si la part de marché reste importante, la librairie reste cruciale pour des ouvrages qui se vendent peu.
 
Quant à la lecture numérique, elle reste marginale dans les pratiques des Français. GfK signale ainsi que la lecture numérique gratuite est une habitude culturelle pour 17 % d'entre eux, pour expliquer une baisse des ventes de fiction classique antérieure au XXe siècle, et donc dans le domaine public. De 4 millions d'exemplaires vendus en 2010, on aboutit à 2,8 millions d'exemplaires vendus en 2016, une baisse de 30 %.